
Le directeur général de la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) a présenté la situation actuelle aux députés de la Commission finances à la Chambre vendredi matin.
Ces sanctions contre la Russie sont en vigueur depuis bientôt deux semaines: les banques russes sont exclues du système international Swift, la banque centrale russe ne peut plus récupérer ses devises, les oligarques russes ont été placés sur des listes internationales de sanctions.
Ces restrictions ne sont pas les mêmes pour tout le monde, comme le précise Claude Marx de la CSSF: des sanctions existent afin de saisir les biens de certaines personnes, d'autres pour des obligations d'État, ou encore celles pour les entreprises qui n'ont plus le droit d'effectuer certains travaux, alors que d'autres activités leur sont encore autorisées.
La CSSF contrôle si ces sanctions sont effectivement respectées dans les différentes banques et institutions financières au Luxembourg. Le président de la commission parlementaire, le député André Bauler (DP) résume la situation: "nous avons quatre milliards d'avoirs dans les banques qui sont concernés par les sanctions. Quatre milliards sur 900 au total. En ce qui concerne les fonds, le montant visé par les sanctions atteint 19 milliards sur une somme totale de 5.600 milliards. Seule une petite partie est donc concernée, il n'y a donc aucun risque systématique pour le Luxembourg".
Même si ces explications sont plutôt rassurantes pour la place financière luxembourgeoise, il faut cependant prendre en considération que les fonds investis dans des titres visés par des sanctions sont difficilement traçables car ils ont perdu beaucoup de valeur. Nombreux sont ceux qui ne sont d'ailleurs plus en vente en raison de la riposte internationale suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Il est donc très difficile d'estimer correctement la valeur totale des investissements dans des titres russes. Des questions qui seront débattues ces prochains jours avec les ministres de la Justice et des Finances afin de savoir si la justice a déjà été saisie de manière concrète et de discuter de l'avenir des entreprises luxembourgeoises en Russie.