
Le Parti réformiste d'alternative démocratique se prépare aux prochaines élections et, c'est une première, Fred Keup sera à la tête du parti dans la course le 8 octobre prochain. De nombreuses personnes se demandent quelle direction le parti va prendre avec ses nouvelles recrues.
Pour son président, l'ADR n'a pas changé, même si de nombreuses critiques visent le basculement encore un peu plus à droite du parti avec le duo Fred Keup et Tom Weidig à sa tête, mais il ne pense pas que son parti quittera les rangs de l'opposition pour rejoindre ceux du gouvernement pour autant. Les autres couleurs politiques ont exclu une collaboration avec l'ADR avant même les élections législatives: "ils ont peur que l'ADR devienne trop fort en disant ce que les gens pensent vraiment", selon Fred Keup.
Pour le président du parti, la sécurité au Luxembourg est problématique. Il se base sur des statistiques européennes sur les vols et les agressions afin de soutenir son impression. Selon lui, il faudrait analyser les faits de manière plus détaillée et créer un nouveau cadre, notamment en renforçant la police sur le terrain avec plus de moyens.
Il explique que la criminalité, les prix du logement, la prise en charge dans le secteur de la santé sont des conséquences de la mauvaise croissance qu'il faudrait mieux contrôler voire même freiner. Une vision assez trouble alors que le modèle de notre société est justement basé sur une certaine croissance: "ça peut fonctionner, même si le début sera plus compliqué", admet Fred Keup, "il faut surtout éviter que des entreprises, qui n'apportent rien au pays, ne viennent s'installer au Luxembourg. Il faut également viser une croissance démographique de maximum 5.000 personnes par an et même organiser un référendum sur le fameux Luxembourg à un million d'habitants", note le président de l'ADR.
En ce qui concerne l'éducation, l'ancien professeur de géographie est d'avis que beaucoup d'erreurs ont été commises ces dernières années au Luxembourg en pointant surtout du doigt les écoles internationales et l'alphabétisation en français, qu'il définit comme "poison pour la cohésion sociale".
Il critique régulièrement et ouvertement le mouvement "woke" qui, selon lui, représente des minorités de l'ultra-gauche qui dictent aux personnes ce qu'ils doivent dire ou penser, comme par exemple la genrisation des langues: "la majorité de la population n'en veut pas, donc il ne faut pas non plus l'imposer", conclut Fred Keup.
"Sa démission ainsi que la création de son propre parti n'ont pas affaibli l'ADR", explique Fred Keup, "même si quelques membres ont décidé de rejoindre le nouveau parti de Roy Reding "Liberté", l'ADR a pu accueillir de nouveaux supporters qui ont plutôt salué son départ. Nous sommes d'ailleurs convaincus que nous pourrons récupérer son siège à la Chambre, et que nous pourrons même en décrocher un deuxième, voire plus", se réjouit Fred Keup.
Il n'accepte pas non plus le reproche de son ancien collaborateur comme quoi le discours de l'ADR serait "plus populiste" qu'avant: "Roy Reding voulait surtout faire oublier qu'il était souvent absent à la Chambre, mais nous avons toujours partagé les mêmes idées".
Fred Keup a partagé sa vision de l'après 8 octobre, en étant persuadé que la coalition à trois que nous connaissons pour le moment va continuer, si le DP, le LSAP et les Verts obtiennent ensemble 31 sièges. L'objectif de son parti est d'en décrocher six, voire sept: "cela ferait du bien à tout le monde si l'ADR pouvait à nouveau dépasser les écolos".
"Tout n'était pas mieux avant, mais lorsque l'on pense aux années 2000 ou 1990, on se souvient d'une situation globalement meilleure, et je pense que le noyau de l'idée du futur peut s'y trouver. Je souhaite un Luxembourg plus sûr, plus libre et plus tranquille. Une croissance qui devra être modérée, car elle produit du stress que nous ressentons au quotidien, cela fera du bien au pays".
"Cela devrait être quelque chose de rapide. Je ferais de la sécurité le point le plus important dès le premier jour. Je l'établirais à nouveau à son niveau d'il y a quelques années. Le peuple a le droit de se sentir en sécurité, elle doit être garantie par l'État".
"Il devra être prêt à porter la majeure partie de notre programme, de nos idées. Mais savoir qui à ce stade, c'est difficile à dire, je ne veux exclure personne, mais ce sera compliqué avec certains. Je ne veux donner aucun favori, mais toute personne ayant suivi la politique nationale aura remarqué que nous avons quelques points en commun avec le CSV. Je sais aussi que certains membres du CSV, pas forcément dans les hautes sphères, souhaitent une coalition avec l'ADR".