Attaque mortelle sur un terrain de footL'entraîneur des jeunes et le père d'un joueur sur le banc des accusés

Tim Morizet
Pierre Jans
Il y a plus de deux ans, un homme de 25 ans était décédé suite à un violent incident survenu lors d'un entraînement de football à Esch-sur-Alzette.
© Domingos Oliveira

Le procès de l’entraîneur des jeunes et du père d’un joueur s’est ouvert mardi devant le tribunal d’arrondissement de Luxembourg. Il devra clarifier le déroulement exact des événements et la responsabilité des deux accusés, car, selon l’enquête, la victime, après avoir été immobilisée, a été attaquée avec son propre couteau.

Rappel des faits

Le 20 janvier 2023 peu avant 17H00, une altercation avait éclaté au cours d’une séance d’entraînement des U13 de la Jeunesse Esch. Un homme venu de l’extérieur était entré sur le terrain et une bagarre s’en était suivie.

La bagarre avait éclaté car il avait tenté de jouer au football sur le terrain lors de l’entraînement des enfants. L’homme avait agi de manière étrange, s’était comporté de manière étrange et sentait légèrement l’alcool, selon les déclarations de l’entraîneur des jeunes lors de l’enquête. Au cours de l’altercation, la future victime avait été poussée hors du terrain par quelques personnes.

La future victime, qui résidait au foyer Caritas d’Esch avec une carte de séjour, était sortie du terrain, mais elle était revenue une demi-heure plus tard. Cette fois, armée de deux couteaux, provenant d’un set, que l’homme avait acheté ce soir-là, selon la police judiciaire. Au cours de l’enquête, une perquisition de sa chambre avait permis de découvrir du Xanax et des somnifères.

La victime était arrivée en tant que réfugié au Luxembourg en 2021

Depuis son arrivée au Grand-Duché, la victime avait séjourné dans quatre foyers différents au Luxembourg. Il y avait sans arrêt des problèmes disciplinaires. Il y avait sans cesse des plaintes pour harcèlement sexuel. En 2022, la victime avait menacé une femme avec un couperet dans un bus. Il y avait aussi eu des incidents avec des mineures dans des transports publics.

Après la première dispute, la situation dégénère

Comme il l’a été dit à l’audience, plusieurs personnes présentes sur le terrain de la Jeunesse étaient parvenues à désarmer le jeune homme de 25 ans. Lorsque ce dernier avait tenté de fuir, il avait été jeté au sol et immobilisé par le principal accusé, le coach des jeunes.

Ensuite, il avait été frappé à la tête avec une pierre à trois reprises au moins. Comme l’ont confirmé des témoins et la médecin légiste, l’entraîneur s’était saisi d’un couteau de l’agresseur et l’avait poignardé à trois reprises, au niveau des fesses et de la cuisse droite. L’artère fémorale avait été touchée, avec pour conséquence une hémorragie importante.

La victime avait été réanimée sur place pendant 15 minutes, mais était décédée quelques heures plus tard à l’hôpital d’Esch des suites d’une défaillance viscérale.

En commettant son acte, selon des témoins, l’entraîneur des jeunes aurait crié qu’il n’avait pas peur de l’homme. Il disait qu’il allait le tuer parce qu’il était venu avec des couteaux pour attaquer ses enfants. Son demi-frère, alors âgé de 16 ans, se trouvait aussi sur le terrain. L’entraîneur était déjà connu de la police belge. Cette dernière avait été appelée chez sa compagne en 2022, parce que l’homme l’avait menacée avec un couteau et une barre de fer.

Un deuxième accusé

Outre l’entraîneur, le père d’un jeune joueur est également poursuivi pour coups et blessures. L’enquête a révélé qu’il aurait lancé une brique sur la poitrine de l’homme. Cependant, selon l’enquêteur de la police judiciaire, il avait tenté à plusieurs reprises de calmer l’entraîneur.

Le tribunal doit désormais reconstituer le déroulement exact des événements et se prononcer sur la responsabilité pénale des deux prévenus. Les charges de coups et blessures ayant entraîné la mort, respectivement d’homicide involontaire pèsent sur l’entraîneur, tandis que le père est poursuivi pour lésions corporelles intentionnelles. Le procès devrait se terminer jeudi.

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