
Il s'agit de la première église désacralisée au Luxembourg, elle fait partie du patrimoine protégé au niveau national depuis deux ans.
Elle a été construite avec des matériaux provenant exclusivement de Lasauvage. Une partie des pierres avait été récupérée d'un haut-fourneau démonté en 1881, le bois trouve son origine dans les forêts des alentours. Les fenêtres actuelles sont celles installées en 1893.
Des travaux de stabilisation doivent maintenant être entrepris car elle se situe sur un terrain instable et des déformations ainsi que des fissures ont vu le jour avec le temps. Tom Ulveling, le premier échevin de la commune de Differdange assure, dans une interview accordée à nos collègues de RTL, qu'ils sont déterminés à la sauvegarder:
"Il s'agit d'un patrimoine culturel que nous ne pouvons pas abandonner et qu'il faut pouvoir léguer à nos enfants et à nos petits-enfants. C'est un objet de toute beauté qui s'inscrit parfaitement dans le style du village. Nous sommes redevables de ceux qui l'ont construite à l'époque, c'est notre rôle de maintenir ce bâtiment afin qu'il garde sa splendeur d'antan".
Le service des Sites et Monuments a prévu une personne qui s'occupe du patrimoine religieux. Elisabeth Koltz a confié que la phase d'études est la plus importante dans le processus de conservation et de rénovation d'un bâtiment. Dans un premier temps, c'est la structure de la pierre et la déformation du bâtiment qui ont été analysées. Dans un deuxième temps, on s'occupera de l'intérieur de l'édifice.
"Un sondage du sol a été réalisé et les experts ont conclu qu'il n'était pas d'origine, mais a été posé dans les années '60. Des études sont en cours afin de déterminer si des restes du sol d'origine se trouvent encore dans le secteur. Une église néogothique est généralement très colorée avec beaucoup de peintures murales, tout était lié, des fenêtres aux peintures alors que celle-ci est blanche".
La durée des travaux est difficile à prévoir, elle pourrait aller jusqu'à deux ans. Comme l'église a été désacralisée, aucune messe n'y sera célébrée, mais la commune envisage déjà d'y organiser des expositions, des concerts, des conférences ou des cérémonies non-religieuses. Une manière de sauvegarder le patrimoine architectural et de le faire vivre au quotidien.
Le cimetière de Lasauvage présente également quelques exemples de patrimoine immatériel qui semble irrécupérable: les vieilles croix. Leurs sculptures nécessitent un savoir-faire artisanal qui n'existe presque plus comme l'explique le sculpteur Tom Flick: "Je pense que nous sommes sur le point de perdre cet art et qu'il faudra bientôt aller chercher très loin pour trouver quelqu'un de qualifié pour sauver notre patrimoine. Pour trouver des personnes capables de créer, restaurer ou rénover comme il se doit".
On retrouve principalement du granit au cimetière. Il serait encore possible de commander une telle croix comme celles produites à l'aide d'un marteau et d'un burin par les sculpteurs de pierre de l'époque. De nos jours, elle sera sûrement faite à partir d'une moule.