
La qualification de ces faits est aussi contestée formellement.
Voilà ce qu'écrit l'homme d'affaires dans un communiqué en relation avec le volet "montres de luxe", qui n'aurait rien à voir avec l'affaire "Wickrange/Livange".
Dans cette dernière affaire, une enquête séparée de la police judiciaire avait retenu en 2012, qu'aucun indice concret de corruption n'avait été relevé contre Flavio Becca.
Suite à l‘article paru dans RTL online en date du 4 juin 2019 et repris fidèlement par les autres organes de presse il convient de rectifier un certain nombre de faits. L’affaire dite Livange/Wickrange, qui n’a absolument rien à faire avec les deux pourvois en cassation, a fait l’objet d’une enquête séparée de la part de la police judiciaire sur demande de la chambre des députés.
En guise de conclusion de cette enquête, le Procureur général Robert BIEVER a ainsi pu retenir, dans son courrier adressé à la chambre des députés en date du 9 juillet 2012 p.3 :
« A aucun moment des indices concrets de corruption n’ont été évoqués dans le débat public. L’enquête préliminaire n’a pas davantage mis en lumière une indication permettant de conclure à l’existence d’un tel indice. »
S’il est exact que Flavio Becca est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour des faits lui reprochés et qualifiés provisoirement d’abus de biens sociaux et de blanchiment-détention, il est tout aussi clair pour lui que ces faits représentaient des investissements réalisés dans l’intérêt du groupe et leur qualification est dès lors formellement contestés.
Il ne fait pas de doute que l’information telle que présentée actuellement porte atteinte à la présomption d’innocence de Flavio Becca et, dans ce contexte, il n’est pas exclu que les auteurs d’informations mensongères pourront être poursuivis pour diffamation.
Flavio Becca
André Lutgen, Avocat
Dans le volet des montres de luxe de l'affaire Wickrange/Livange, la Cour de Cassation a jugé irrecevables deux pourvois de Flavio Becca. L'homme d'affaires s'était pourvu en cassation contre deux arrêts de la Chambre du conseil de la Cour d'appel de juillet 2018. Dans l'un de ces arrêts, il avait été retenu que la charge de blanchiment-détention concernait toutes les montres pour lesquelles un abus de biens sociaux était reproché. Flavio Becca devrait donc comparaître pour abus de biens sociaux et blanchiment-détention.
Les faits remontent à une dizaine d'années. Il s'agissait de deux projets: celui de Guy Rollinger à Wickrange et celui de Flavio Becca à Livange, des projets qui au final n'ont jamais vu le jour! A l'époque, Guy Rollinger avait reproché à Jeannot Krecké, alors ministre de l'Economie, d'avoir fait pression sur lui pour qu'il abandonne son projet à Wickrange et qu'il s'associe à Flavio Becca dans son projet à Livange. Il y a dix ans, le centre commercial à Wickrange avait été considéré incompatible avec les règles de l'aménagement du territoire. Il devait donc être construit à un autre endroit, finalement à Livange, où devait aussi voir le jour un nouveau stade national de football. Aucun de ces centres commerciaux ne sortira de terre et quant au stade de foot, c'est finalement à Kockelscheuer qu'il sera construit des années plus tard.
Dans le même temps, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Jean-Marie Halsdorf avait appelé le directeur de la BCEE, Jean-Claude Finck, pour demander ce qu'il en était du prêt pour Guy Rollinger. L'affaire avait mené, en septembre 2011, à des perquisitions dans les bureaux et au domicile de Flavio Becca. C'est là que les enquêteurs avaient découvert plusieurs montres de luxe, toujours dans leur emballage original, dont on présumait qu'elles auraient dû être utilisées à des fins de corruption.