
Le vitiligo est une maladie de la peau qui, souvent, n’est pas prise au sérieux. Elle se manifeste par une dépigmentation de certaines zones de la peau. Pour de nombreuses personnes concernées, cette dépigmentation ne représente pas seulement un changement de couleur de peau, mais aussi un défi psychologique et émotionnel. Une action de sensibilisation était organisée jeudi à Luxembourg-ville.
Le vitiligo est une maladie auto-immune qui détruit les mélanocytes, les cellules qui produisent la couleur de la peau. Cela entraîne l’apparition de taches blanches sur la peau, qui peuvent être réparties sur tout le corps. La maladie touche 0,1 à 2 % de la population mondiale et peut apparaître aussi bien chez les enfants que les adultes. Malgré les nouvelles options thérapeutiques, la maladie est encore qualifiée de “problème esthétique”, ce qui pousse souvent les patients à un isolement social.
Ce qui constitue un gros problème, c’est que le diagnostic du vitiligo prend en moyenne deux ans et demi. De nombreux patients s’entendent dire qu’il n’existe pas de véritable traitement et 65 % d’entre eux arrêtent leur recherche d’aide, selon Incyte.
Ana Coutinho Da Fraga, la maman d’une petite fille de 11 ans atteinte du vitiligo, raconte comment la maladie a été diagnostiquée à sa fille:
“Elle avait 5 ans, et en marchant, j’ai remarqué que ses cheveux étaient gris. Elle avait les cheveux gris, et moi - ‘ce n’est pas possible, elle a 5 ans’. Je me suis fait du souci. Elle avait entraînement et je l’ai un peu regardée et j’ai eu le réflexe d’aller sur internet, j’ai lu et lu et alors - ‘pigmentation de la peau’. J’ai décidé d’appeler le pédiatre pour lui dire que j’avais constaté ça. Nous sommes allées à son cabinet et il l’a examinée. Et effectivement, il m’a dit: ‘Je pense que vous avez raison’. Il m’a donné le nom d’un dermatologue et en effet, elle avait cette maladie. Comme elle est souvent tombée, elle a des zones où elle est vraiment blanche.”
Le vitiligo peut aussi être héréditaire, comme l’explique le Docteur Tiago Fernandes, dermatologue:
“Oui, le vitiligo est héréditaire. Comme je l’ai dit, dans 20 % des cas, il y a une prédisposition familiale, selon les études.”
Dans le cas de la fillette de 11 ans, la maladie était effectivement présente dans la famille, du côté du père. Bien qu’il n’y ait pas encore de guérison définitive, il existe des thérapies qui favorisent la repigmentation de la peau. Une nouvelle approche est, par exemple, l’inhibition dite JAK-STAT, qui peut réguler la réaction immunitaire qui détruit les mélanocytes. Dans les années à venir, des traitements encore plus efficaces pourraient arriver sur le marché.
Jeudi, des silhouettes de taille humaine, qui représentent des personnes concernées ont été installées à différents endroits de la capitale, pour sensibiliser le public à cette maladie.
Le mannequin international Winnie Harlow souffre également de vitiligo et a décidé de ne pas avoir honte de la maladie, mais de le montrer très ouvertement.