
Il est déjà clair que cette année encore, une hausse à deux chiffres est attendue, même si elle n'atteindra pas les 30% de l'an dernier.
Les chantiers sur le réseau ferroviaire atteignent également un sommet historique et cela constitue un défi pour les clients, mais aussi pour les collaborateurs des CFL. Syprolux, le Syndicat professionnel des cheminots luxembourgeois, défend précisément les droits de ces derniers, la présidente du syndicat, Mylène Bianchy, n'a laissé aucun doute à ce sujet mercredi soir.
Mylène Bianchy et son équipe n'hésitent jamais à appuyer là où cela fait mal. Par exemple dans le dossier relatif à la sécurité dans les transports publics. En 2023, 173 agressions ont été dénombrées aux CFL. Dans la majorité des cas, il s'agissait d'agressions verbales, mais il y a aussi eu 10 cas de menaces et 26 cas de violences physiques. On pourrait mettre ces chiffres en rapport avec les 28,7 millions de passagers transportés et se satisfaire du fait que la moyenne n'est pas si mauvaise, déclare Mylène Bianchy, mais ce serait une erreur.
"Toute agression, qu'elle soit physique ou verbale, est un acte de violence de trop. Si nous voulons relativiser statistiquement un tel comportement, nous nous soumettons à la fatalité de la violence et à ce moment-là nous avons perdu et surtout nous avons échoué."
Syprolux veut donc lutter contre la violence et continue d'insister pour que l'employé des CFL soit mieux soutenu en cas d'agression. Cela passe par la reconnaissance de l'agression en tant qu'accident du travail.
"Aucun d'entre nous ne mérite d'être victime une seconde fois. En effet, à partir du moment où une assurance accident décide que l'agent s'est seulement fait cracher dessus, ce n'est pas une lésion corporelle, tout cela n'est pas si grave, de sorte que l'agent ne se voit pas accorder l'accident du travail. Cela signifie que ce qui arrive à notre collègue après une agression, n'intéresse pas l'AAA (Association d'assurance accident)."
Mylène Bianchy qualifie cette attitude de comble du manque de respect et de complètement hors de propos à une époque où la santé mentale reçoit enfin plus d'attention. Syprolux en appelle au soutien des responsables politiques pour que les victimes obtiennent justice et le syndicat souhaite que toute agression soit considérée comme un outrage à agent, comme c'est le cas pour les policiers ou les employés du CGDIS.
Mais même en-dehors de cela, tout n’est pas parfait dans la grande famille du rail. Le premier employeur du pays a embauché 515 nouvelles personnes en 2023, mais cela ne signifie pas automatiquement 515 agents supplémentaires.
"En tant que Syprolux, nous entendons souvent sur le terrain le titre 'Should I stay or should I go?' Un fait qui ne devrait pas seulement nous interpeler nous, mais aussi la direction des CFL. Si vous faites une analyse honnête, vous constaterez que l'entreprise CFL est devenue moins attractive, surtout dans les carrières inférieures."
Un autre problème auquel sont confrontés les CFL, c'est l'absentéisme, avec un taux de 6%, soit 1% de plus que la moyenne nationale. Pour le syndicat Syprolux, l'une des principales raisons est le manque de personnel. Les gens ne doivent pas seulement être embauchés, mais aussi se sentir reconnus et valorisés.
Au moins mercredi soir, les éloges sont venus de la part du directeur général des CFL. Depuis six ans, des sondages sont menés auprès des usagers pour leur demander leur niveau de satisfaction par rapport aux CFL. Il vient de recevoir les résultats du dernier sondage et Marc Wengler se réjouit que ses employés aient obtenu d'excellentes évaluations.