
Le décalage des soldes d'hiver, mais aussi l'accélération des produits pétroliers ont complètement bousculé l'inflation au mois de janvier au Luxembourg. La nouvelle "taxe carbone" en vigueur depuis le 1er janvier, mais aussi la hausse du brent sur les marchés internationaux expliquent le bond de 11% des produits pétroliers (8,3% de plus pour un litre de diesel à la pompe).
Bilan: l'indice des prix à la consommation a bondi de 0,7% entre décembre et janvier. "Mais en février ce sera l'inverse, l'inflation va beaucoup diminuer et se normalisera un peu", assure Cathy Schmit, prévisionniste au Statec. L'institut national de la statistique parle d'une inflation chahutée au cours des deux premiers mois mais table sur une stabilisation "à un niveau relativement élevé pour le restant de l'année".
Le Statec prévoit en cette mi-février une inflation de 1,7% pour 2021. Le prix des carburants et des autres dérivés du pétrole qui continueront de grimper (mais resteraient sous leur niveau d'avant pandémie), la reprise économique et une "nouvelle tranche indiciaire en 2022" porterait l'inflation à 1,8% pour 2022.
Vue la pandémie et ses rebonds toujours possibles, les prévisionnistes ne peuvent pas définir avec précision quand l'index évoluera à nouveau vers le haut. Dans ses prévisions d'inflation de ce mercredi, le Statec indique que "selon les différents scénarios" d'évolution du prix du baril du pétrole, "la prochaine tranche indiciaire tomberait entre le 1er et le 3e trimestre 2022".
Un représentant de la même maison avait pourtant affirmé fin octobre que le prochain index aurait lieu en juin 2022. Alors qu'en est-il ? "Juin, c'est probablement le scénario central. C'est ce qu'on juge être le plus probable", explique Cathy Schmit. Sachant que le scénario "haut" table sur un prix du baril qui augmente d'un dollar de plus que prévu chaque mois et que le scénario "bas" table sur moins d'un dollar par mois.
Mais dans ses prévisions forcément plus précises à l'égard du gouvernement (pour calculer le budget de l'État), "on parle du 2e trimestre. Ce serait donc avril-mai-juin. Ce qui ne contredit pas la prévision d'octobre 2020", glisse la prévisionniste prudente du Statec. Elle sait bien que "les choses vont encore changer mille fois d'ici là".