
Les marges ont chuté de 20 à 4-5%. Les restaurateurs craignent aussi que la situation s’aggrave encore, que “tout augmente de plus en plus. Nous le voyons partout, prenons le prix de l’électricité, prenons les poubelles, prenons l’eau, et le consommateur, je ne sais pas s’il est prêt à payer tout cela”, souligne Alain Rix.
D’ailleurs, “le client a aussi changé” ses habitudes, “il doit aussi faire des économies et il ne dépense plus autant”, cela se remarque bien sûr dans les restaurants. “S’il allait deux ou trois fois au restaurant avant, maintenant il y va peut-être encore une fois, et il laisse de côté la bouteille de vin et l’expresso”, souligne Alain Rix, et cela fait que “nous n’avons effectivement plus assez pour vraiment en vivre.”
Le Luxembourg compte actuellement 1.261 restaurants et 741 cafés. “Plus de 200 cafés ont fermé au cours des dernières années.” La situation est “particulièrement dramatique à la campagne”. A de nombreux endroits, il n’existe plus de bistro de village, “il n’y a plus rien, plus d’hôtellerie non plus. Malheureusement. Et c’est très mauvais: pas d’hôtel, pas de touristes. Car hôtels et touristes vont ensemble.”
Trouver suffisamment de personnel reste un énorme problème dans le secteur, qui plaide pour “une plus grande flexibilité des horaires de travail sur l’année, ce qui rendrait plus attractives les professions dans le secteur HoReCa.” Pour ce faire, une réglementation particulière est nécessaire. Des discussions sont en cours avec le ministre du Travail. Une réglementation spéciale existe déjà pour le travail dominical, en effet, dans le secteur HoReCa, le salarié ne perçoit pas de supplément. S’il faut payer les heures dominicales, “nous pourrons immédiatement fermer”, avertit Alain Rix.
Il ne faut “pas tout peindre en noir. Il y a toujours des gens qui aiment aller au restaurant”. Il y a aussi le caractère social. “Il y a de plus en plus de groupes qui se forment. Ainsi ils peuvent être plus flexibles avec leurs collaborateurs,” constate aussi Alain Rix. En tant que cafetier ou restaurateur, vous êtes dépendants du client et “le télétravail n’a pas été la meilleure chose pour nous”. “Mais il y a un peu de positif. Les grosses sociétés ont un peu resserré la vis avec le télétravail. Cela nous aidera peut-être à faire revenir les clients dans les restaurants le midi.”