Une option pour le Luxembourg?Le Portugal a dépénalisé la consommation de stupéfiants il y a 20 ans

RTL Infos
Le Portugal a dépénalisé la consommation de toutes les drogues depuis plus de 20 ans, ce qui fait de ce pays du Sud de l'Europe un précurseur en cette matière avec une politique qui veut échapper au tout répressif.
© Fanny Kinsch

Avec le recul, on voit que cela a fonctionné pour maîtriser une crise massive des opioïdes. Pourquoi le Portugal a-t-il choisi cette voie et qu'est-ce que la politique luxembourgeoise peut en apprendre ?

A cause de la longue dictature, les drogues illégales seraient arrivées au Portugal beaucoup plus tard que dans d'autres pays et auraient rencontré une population qui ne savait rien des stupéfiants, explique João Goulão, directeur du Service de coordination antidrogue au Portugal. Cela aurait commencé avec le cannabis importé par ceux qui sont rentrés au pays après la décolonisation, mais le seuil d'inhibition pour d'autres substances aurait été très bas.

"Heroine became very popular and spread very violently. In just a matter of 10,15 years, we had a huge number of users and it was almost impossible to find a portugese family that had no problems related to this"

"L'héroïne est devenue extrêmement populaire et s'est propagée très violemment. En seulement 10-15 ans, nous avons eu un grand nombre de consommateurs et il était presque impossible de trouver une famille portugaise qui n'avait aucun problème lié à cela."

En 1998, 1% de la population portugaise avait une consommation de stupéfiants problématique, quasiment tous avec l'héroïne. 56% des infections au VIH étaient dues à des injections intraveineuses. 650 personnes sont décédées d'une overdose. Il a alors été décidé de chercher une autre stratégie, précise João Goulão, qui a collaboré au projet à l'époque.

"The only limitation that we got from the government was "you may propose whatever you want, but you must fit within the spirit of the treaties of the united nations". So we found this way, because nowhere in the treaties it is said that drug use should be criminalized."

"La seule limite que nous avons eue de la part du gouvernement était "vous pouvez proposer ce que vous voulez, mais vous devez respecter l'esprit des traités des Nations unies". Nous avons donc trouvé cette voie, car nulle part dans les traités il n'est dit que la consommation de drogue devait être criminalisée."

Les stupéfiants restent toutefois interdits au Portugal. Si un consommateur y est surpris par la police, il ne sera pas poursuivi pénalement. Il devra cependant se présenter dans les jours suivants devant un "comité de dissuasion" spécial. S'il ne le fait pas, il encourt une sanction administrative. Le comité en question propose un suivi psycho-social et une thérapie. Au final, 80% des personnes se laissent convaincre, selon João Goulão. Avec le recul de 20 années d'expérience, on constate que le nombre de personnes ayant une consommation problématique a chuté à 0,33% de la population, que l'héroïne est beaucoup moins dominante et que le nombre d'infections au VIH par injection et le nombre d'overdoses ont fortement reculé.

La ministre luxembourgeoise de la Santé, Paulette Lenert, qui est actuellement en visite au Portugal, pourrait concevoir de s'inspirer du modèle de la dépénalisation.

"Il s'agit de considérer la personne en tant que patient, en tant que malade et de lui proposer une offre, d'offrir des soins, un encadrement social et je trouve que cette logique devrait jouer pour toutes les drogues."

La ministre a déclaré souhaiter que cette problématique soit abordée au Luxembourg.

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