
"Je ne pouvais rien faire. Je n’aurais jamais pu prévoir cela", a dit le policier jeudi matin. La nuit du 14 avril 2018, il était au volant de la camionnette de police qui a percuté la voiture de police. Un accident qui a coûté la vie à son meilleur ami, Frank, et grièvement blessé la passagère.
En larmes, il a raconté comment était survenu l’accident. Roulant à vive allure, les policiers étaient à la recherche d’une voiture qui avait fait demi-tour devant un contrôle de police à Wemperhardt. Dans ce contexte, son ami Frank et sa passagère avaient contrôlé un véhicule sur la N7 après Weiswampach, à Lausdorn. Un peu plus tard, l’accusé était également arrivé sur place avec la camionnette de police. Il avait vu le gyrophare bleu de son collègue et par radio, il était clair aussi que le véhicule contrôlé n’était pas le véhicule recherché. Comme aussi bien lui que sa passagère avaient vu à l’horizon les phares d’un véhicule, ils ont voulu dépasser la voiture de police pour le contrôler.
Ce qui s’est passé ensuite peut être reconstitué seconde par seconde et mètre par mètre, grâce aux enregistreurs de données, qui se trouvent dans les véhicules de police. Le policier mis en cause, qui conduisait la camionnette au milieu de la route à quatre voies, aurait remarqué à une distance de 60 mètres que la voiture de police faisait une manœuvre devant lui, selon l’expert. Son collègue avait fait demi-tour dans la rue relativement vite. En 3 secondes seulement, la voiture avait accéléré de 15 kilomètres par heure. Aucun clignotant, qui aurait pu laisser supposer l’intention, n’avait été allumé.
"Frank, qu’est-ce que tu fais?", aurait encore crié le chauffeur de la camionnette, juste un peu avant le choc, selon sa passagère. Ensuite tout était allé très vite. La camionnette avait été déportée à gauche, une seconde avant l’impact, le frein avait été actionné. La vitesse tombe alors de 160 à 137 kilomètres par heure, avant que la collision ait lieu. Tout cela s’était passé en moins de 2 secondes.
Interrogé par le juge sur le point de savoir si l‘accident aurait pu être évité par le policier accusé, l’expert a répondu qu’il n’y avait eu aucune possibilité. Cela aurait été une réaction naturelle de faire une embardée à gauche et de freiner. Les autres experts consultés jeudi étaient du même avis.
L’automobiliste qui s’était soustrait au contrôle de police cette nuit-là, a également témoigné jeudi: "Ma façon d’agir à Wemperhardt a eu beaucoup de répercussions". Il n’aurait cependant impliqué personne dans une manoeuvre dangereuse. Il est terriblement désolé pour toutes les familles concernées. Mais il ne se considère pas responsable de l’accident.
Le procès se poursuivra vendredi matin avec le réquisitoire du parquet.
A lire aussi: Accident mortel de Lausdorn: Au procès, la vitesse des policiers en question