
Magdalena Mida s'est réjouie de l'arrivée d'une loi sur le harcèlement votée par la Chambre au mois de mars: "cela faisait 20 ans que nous l'attendions, même si la victime doit encore prouver qu'elle a été harcelée, c'est déjà une victoire car les patrons doivent désormais prévoir un service à l'écoute des salariés et le rôle de l'ITM a également été renforcé dans ce sens", explique la directrice de l'association.

L'invitée de RTL est d'avis que le problème du harcèlement doit être pris en compte différemment en en parlant ensemble plutôt que les uns contre les autres. Il faut aussi, selon elle, une approche plutôt ancrée dans la réparation plutôt que dans la répression. Après l'interview, Magdalena Mida a également souligné que son association avait besoin de plus de moyens.
Depuis la pandémie, les victimes semblent moins se laisser faire en signalant les cas de harcèlement beaucoup plus rapidement. "L'affluence augmente également dès que le sujet est traité dans les médias", explique la directrice qui précise qu'il est important de bien définir le phénomène à travers quatre éléments fixés selon une définition du psychologue Heinz Leymann: "premièrement, une personne doit être victime d'attaques personnelles, ensuite ces attaques doivent se produire de manière répétitive et systémique, ce qui implique que la situation va s'aggraver. Enfin, le harcèlement doit se produire sur une durée assez longue d'au moins six mois".
L'association est le premier point de chute pour les victimes de harcèlement au Luxembourg. Elle se concentre cependant seulement sur le harcèlement au travail à travers des consultations en tête à tête. De l'aide psychologique sur de courtes périodes est également proposée depuis l'année passée, car certaines victimes sont tellement touchées qu'elles n'arrivent plus à livrer un rapport chronologique des faits.
Les autres missions de l'association sont plutôt sur le plan préventif avec l'organisation de conférences et de formations au travail.
Enfin, la directrice de Mobbing ASBL a fourni quelques conseils pour les personnes qui se sentiraient en situation de harcèlement: "il est important de noter tout ce qui est arrivé, sans oublier l'heure et l'endroit, c'est toujours mieux quand on a des preuves. Nous allons nous occuper de l'analyse des éléments et de déterminer la meilleure solution pour la victime en fonction de son profil. S'il s'agit plutôt d'un conflit, tant mieux, alors une médiation peut suffire, mais s'il s'agit de harcèlement, les conséquences seront plus sévères", conclut Magdalena Mida.