
La zone de sécurité dédiée depuis une dizaine de semaines aux manifestations, entre le parking du Glacis et la Philharmonie, va être supprimée, a annoncé mardi le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, lors d’une conférence de presse.
Au cours de ces dernières semaines, le ministre aurait analysé la situation avec la police et serait arrivé à la conclusion que le moment était venu de lever cette restriction. "Il semble que l’envergure des manifestations anti-mesures ait diminué et que moins de gens y participent. Beaucoup de gensse sont distanciés de ceux qui voulaient agir plus violemment", a analysé le directeur général adjoint de la police, Donat Donven.
Ce qui aurait également changé, c’est que l’agressivité à l’égard des agents de police aurait diminué et que les responsables auraient maintenant un interlocuteur en la personne de l’organisateur d’une manif’ précise, de sorte qu’ils peuvent planifier le déroulement avec celui-ci, en collaboration avec la mairie de Luxembourg et la police.
Il aurait été clair depuis le début que la zone réservée aux manifestations devrait seulement être une mesure temporaire, pour garantir la sécurité de tous les citoyens, a affirmé le ministre de la Sécurité intérieure. Le périmètre a été fixé en décembre après des débordements lors de manifs’ contre les mesures Covid. Le 4 décembre, des manifestants avaient pris d’assaut le Marché de Noël dans la capitale et avaient escaladé le monument de la Gëlle Fra. Des rues avaient également été bloquées pendant les manifestations et des pétards avaient été lancés sur les policiers.
Le directeur général adjoint de la police a souligné qu’au moment de l’introduction du périmètre, la situation aurait été complexe. En l’absence d’interlocuteur et de signalement des manifestations, la police aurait été dans l’impossibilité de se préparer suffisamment pour garantir la protection des tiers dans le centre-ville. Après la mise en place du périmètre, la police a encadré 14 manifestations non signalées. Le périmètre dédié aux manifestations aurait amené le calme nécessaire tout en permettant aux manifestants de continuer à exprimer leur opinion, selon la bourgmestre de Luxembourg, Lydie Polfer.
Le ministre Henri Kox a encore ajouté que les manifestations non signalées restent interdites. A propos des "promenades coronavirus", au cours desquelles des personnes opposées aux mesures Covid se retrouvent et se promènent dans la capitale, Donat Donven a assuré qu’elles ne pourraient être interdites. Aussi longtemps que les participants respectent les restrictions liées au Covid et ne brandissent pas de pancartes, il ne s’agirait pas de manifs’. La police garderait toutefois un œil sur le phénomène, selon Henri Kox.
Donat Donven a en outre souligné que pour les manifestations qui pourront désormais à nouveau avoir lieu au centre-ville, il faut respecter une proportionnalité. Il cite l’exemple d’une vingtaine de personnes qui ne doivent pas pouvoir bloquer une rue pour exprimer leur opinion et obliger ainsi un millier de personnes à faire un détour.