
Dans son "palmarès du vice" publié mercredi, Bloomberg estime que le Luxembourg est "le pays le moins cher pour se défoncer" avec ce cocktail de drogues: un gramme d'opioïdes, de cannabis, de cocaïne et d'amphétamine (ecstasy ou méthamphétamine par exemple). Le tout pour le prix défiant toute concurrence de 197$ (soit 173€) le mélange.
Alors, comment en sommes-nous arriver là? L'explication est purement méthodologique: le revenu moyen au Luxembourg est élevé. Très élevé même. Bloomberg prend en compte des revenus annuels supérieurs à 100.000$ par an (88.000€ environ). Soit environ 2.191$ par semaine (c'est toujours Bloomberg qui le dit). Sans compter que les drogues sélectionnées seraient "bon marché" ici.
Sans surprise, avec de tels revenus, le coût d'un petit shoot est faible: à peine 9% des revenus hebdomadaires. C'est mieux que les Pays-Bas (le mélange hebdomadaire de drogues coûte 9,2% des revenus d'une semaine), l'Uruguay (11,5%) et largement moins cher que les Etats-Unis (846$ le mélange pour 1.202$ par semaine).
Le Luxembourg serait-il donc devenu le paradis de la poudre dans le nez ? Pas si sûr. Pour comprendre comment Bloomberg en a fait le premier pays où il fait bon vivre dans le vice, il faut regarder du côté de son calcul. Pour chaque pays, le revenu moyen a été calculé en divisant le PIB par le nombre d'habitants. Soit plus de 62 milliards de dollars pour 600.000 habitants. Ce qui nous donne bien ces 100.000$ par an. Oui, on est loin de la réalité. Notez qu'en 2017, le Statec estimait le niveau de vie médian mensuel à 3.000€ par personne.
Ce "palmarès du vice" est "un indice purement économique, pas un jugement sur la moralité ou la légalité" écrit Bloomberg. L'agence reconnaît d'ailleurs qu'il est "difficile" de suivre l'évolution du prix des drogues puisqu'elles sont vendues sur le marché noir.