Manque d'oxygène dans l'eauPoissons et plantes aquatiques souffrent aussi de la canicule

Tim Morizet
adapté pour RTL Infos
Les températures extrêmement élevées des derniers jours n’ont pas seulement affecté les êtres humains, mais aussi les rivières et ruisseaux luxembourgeois. Sur plusieurs stations de mesure, des températures de l’eau supérieures à 25 degrés ont été relevées, un niveau qui devient problématique pour de nombreuses espèces aquatiques.
La pisciculture de l'État à Lintgen
La pisciculture de l'État à Lintgen
© Tim Morizet

Lors d’une visite à la pisciculture de l’État à Lintgen, le ministre de l’Environnement Serge Wilmes et le commissaire européen à la Pêche et aux Océans, Costas Kadis, ont attiré l’attention sur les défis croissants auxquels sont confrontés les écosystèmes aquatiques.

"Lorsque l’eau se réchauffe, l’oxygène y devient moins soluble, ce qui entraîne un manque d’oxygène pour les organismes vivants", explique la biologiste de l’Administration de la gestion de l’eau, Carole Molitor. Les poissons sont particulièrement vulnérables, car ils ont besoin d’une quantité suffisante d’oxygène dissous dans l’eau.

La truite de rivière supporte mal la chaleur

Les espèces de poissons habituées à des températures fraîches sont principalement concernées. Au Luxembourg, il s’agit notamment de la truite de rivière ou de l’ombre. Ceux-ci vivent surtout dans des ruisseaux et rivières plus froids.

"L’ombre, en particulier, a du mal à supporter ces températures, car cette espèce est normalement habituée à des températures maximales comprises entre 19 et 20 degrés", explique Carole Molitor.

La biologiste observe depuis une dizaine d’années déjà une évolution de la situation. Des étés plus chauds et des précipitations moins régulières font que l’eau se réchauffe de plus en plus rapidement et que le niveau des rivières baisse.

Duerch héich Temperature feelt de Fësch a Planze Sauerstoff am Waasser
Déi extrem héich Temperaturen aus de leschten Deeg hunn net nëmmen dem Mënsch ze schafe gemaach, mee och de Lëtzebuerger Flëss a Baachen.

Il faut plus qu’une averse

Mais à quelle vitesse les rivières peuvent-elles se refroidir ? Pour Carole Molitor, cela ne se fait pas du jour au lendemain : " Il faut tout de même plusieurs jours de pluie soutenue pour que la température baisse de manière perceptible et que la situation devienne plus supportable pour les plantes et les animaux."

La rapidité de ce processus dépend fortement du niveau de l’eau. Les petits ruisseaux sont beaucoup plus sensibles à la sécheresse et à la chaleur que les grands cours d’eau.

La renaturation comme solution essentielle

Pour le ministre de l’Environnement Serge Wilmes, il est clair que le changement climatique exerce une pression croissante sur les milieux aquatiques. Il considère la renaturation des cours d’eau comme l’une des mesures les plus importantes. Cela consiste à redonner aux rivières et aux ruisseaux un caractère plus naturel, avec davantage d’arbres le long des berges, moins d’obstacles et un tracé plus naturel. L’objectif est d’éviter que l’eau ne se réchauffe trop rapidement.

"Au Luxembourg, nous devons avancer plus vite pour renaturer nos rivières et nos ruisseaux", a déclaré le ministre.

Actuellement, le ministère travaille avec différents groupes, dans le cadre de la "table ronde renaturation", sur des propositions concrètes visant à accélérer la mise en œuvre de tels projets. La disponibilité des terrains reste un défi majeur.

La pisciculture doit renforcer les populations locales de poissons

À la pisciculture de Lintgen, quelque 500.000 truites de rivière sont élevées chaque année. Elles sont ensuite réintroduites dans les lacs, rivières et ruisseaux luxembourgeois afin de soutenir les populations locales.

Pour Serge Wilmes, il est important de préserver "l’intégrité génétique" des espèces de poissons locales. Des populations de poissons en bonne santé sont également un signe de bonne qualité de l’eau.

L’Europe considère le changement climatique comme une nouvelle réalité

Le commissaire européen Costas Kadis a lui aussi souligné que les conséquences du changement climatique font désormais partie du quotidien.

"Le changement climatique n’est plus une théorie. Nous le vivons concrètement dans notre vie de tous les jours", a-t-il déclaré à Lintgen. L’Union européenne soutient donc de plus en plus de projets axés sur la protection du climat, l’adaptation et la préservation des écosystèmes aquatiques.

Pour les experts, une chose est en tout cas claire : si les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse deviennent encore plus fréquentes à l’avenir, la protection des rivières et des milieux aquatiques gagnera en importance.

Le communiqué relatif à cette visite à la Pisciculture à Lintgen est disponible sur le site du ministère de l'Environnement.

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