
Ce sont des tests à très grande échelle que va effectuer le Luxembourg à compter du 19 mai prochain: toute la population du pays pourra être testée pendant un mois, sur la base du volontariat, ont annoncé les ministres Paulette Lenert (Santé) et Claude Meisch (Enseignement supérieur et de la Recherche) mardi matin. "On va réaliser jusqu'à 20.000 tests par jour. Aucun autre pays n'a adopté cette stratégie" a souligné Claude Meisch. Coût de cette vaste opération: près de 40 millions d'euros pour 600.000 tests, dépensés par le ministère d'État.
Il s'agit de tests PCR qui permettent de détecter la présence du coronavirus y compris chez les personnes asymptomatiques, pour mieux les isoler.
Les premiers à être fortement encouragés à s'y soumettre sont les élèves et les enseignants, dont certains reprennent le chemin des salles de classe dès ce lundi 4 mai. Ainsi, 7.500 leur sont réservés.
Si un élève est positif au coronavirus, la procédure reste la même: l'inspection sanitaire effectue un retraçage afin d'identifier et de prévenir toutes les personnes ayant été en contact avec lui lors des deux dernières semaines, ont répondu en substance les ministres. "Nous sommes le pays européen qui teste le plus et de loin" a insisté Paulette Lenert.
"La logistique de ces tests est un défi", a répondu le professeur Ulf Nehrbass, représentant de la Task Force COVID-19 Research Luxembourg. Rappelons que le pays compte 17 centres de tests.
Quant aux 200.000 frontaliers qui passent habituellement la frontière, "dans la mesure où ils peuvent contribuer à infecter les autres, ce sera important qu'ils soient testés également car la situation n'est pas la même dans tous les pays" a souligné le professeur Ulf Nehrbass. Sous-entendu appuyé: le confinement a été respecté au Luxembourg, peut-être un peu plus qu'ailleurs...
"Notre première vague n'était pas aussi importante que celle connue par nos pays voisins" a ajouté Paulette Lenert.
Avec ces tests massifs, on peut logiquement s'attendre à une augmentation nette du nombre de cas positifs connus. "Nous avons les moyens de contenir une deuxième vague, mais l'idée, c'est justement de réaliser des tests à grande échelle pour l'éviter" a affirmé Claude Meisch. Par ailleurs, Paulette Lenert a répondu qu'aucune autopsie n'était effectuée sur les victimes du covid-19 afin d'en savoir plus sur le virus.
Pour réussir son déconfinement, les Luxembourgeois (et les frontaliers) devront faire preuve de discipline en respectant notamment la distance sociale, à l'heure où des activités de groupe vont reprendre.
Le message à retenir de cette prise de parole, ce mardi matin, est : "faites-vous tester!" "C'est une contribution essentielle à un déconfinement réussi, c'est un geste citoyen et vous pourrez avoir une vie plus libre" a conclu le professeur Ulf Nehrbass.