
Il ne s’agit plus seulement de fixer des objectifs en matière de protection de la nature, mais aussi de les mettre en œuvre d’ici 2030. Or, à ce jour, on est encore loin du compte.
C’est en tout cas ainsi que le ministre de l’Environnement Serge Wilmes décrit la situation. Actuellement en Arménie, il participe à des discussions visant à formuler des recommandations aux pays qui ont encore besoin de temps pour atteindre leurs objectifs.
"L’important est de ne pas considérer la protection de la nature comme une politique isolée. Elle constitue la base de toutes nos activités humaines et la protection de la nature doit donc être intégrée dans l’ensemble des différents domaines politiques. Cela signifie que les gouvernements dans leur ensemble, ainsi que tous les ministères, sont appelés à mettre en œuvre des mesures de protection de la nature dans leurs domaines de compétence respectifs."
Lorsque l’accord mondial visant à protéger et restaurer la nature d’ici 2030 a été adopté en 2022, le Luxembourg a révisé son plan national de protection de la nature afin d’y intégrer ces objectifs. Ceux-ci doivent être mis en œuvre progressivement. Parmi les priorités figure notamment le renforcement de la résilience des forêts. À cette fin, la loi sur la chasse devrait encore être révisée cette année, a indiqué le ministre de l’Environnement. Mais au-delà des mesures réglementaires, des moyens financiers importants seront également nécessaires.
"Nous avons besoin de 700 milliards de dollars américains par an d’ici à 2030 pour atteindre cet objectif. Nous en sommes encore très loin. Le Luxembourg plaide donc pour que des fonds publics soient investis dans ce domaine, ce que nous faisons déjà très clairement. Nous avons d’ailleurs augmenté une nouvelle fois notre enveloppe consacrée à soutenir les mesures en faveur du climat et de la protection de la nature à l’échelle mondiale, passant de 220 à 320 millions d’euros."
Selon Serge Wilmes, il faudra toutefois aussi miser beaucoup plus sur les investissements privés pour combler le reste des besoins.