
L’ancien directeur général de la police Pierre Reuland, ainsi que l’ancien colonel Aloyse Harpes et les anciens fonctionnaires Guy Stebens et Armand Schockweiler étaient, de fait, présents au procès en appel. Cependant, les inculpés du principal procès Bommeleeër, Jos Wilmes et Marc Scheer, étaient eux aussi à nouveau présents dans la salle en tant que parties civiles, accompagnés de leurs avocats. En première instance, ils avaient réclamé des dommages et intérêts aux prévenus, estimant que leurs présumées fausses déclarations avaient conduit à l’interruption de leur procès en 2014 après 170 audiences, interruption qui perdure encore aujourd’hui.
Dès ce premier jour d’audience, le représentant du parquet général a souligné qu’il demandait, pour Pierre Reuland, la confirmation du jugement de première instance, soit trois ans de prison avec sursis intégral. Pour les trois autres prévenus, Aloyse Harpes, Guy Stebens et Armand Schockweiler, il a également requis, comme lors du premier procès, une condamnation pour faux témoignage, sans toutefois préciser de peine. Le parquet général retient un faux témoignage à l'encontre de Guy Stebens et deux faux témoignages chacun contre Aloyse Harpes et Armand Schockweiler. Ces trois fonctionnaires avaient été acquittés en première instance.
En ce premier jour d'audience, le procès a toutefois tardé avant d'entrer dans le vif du sujet. Une demi-heure après le début de l'audience, celle-ci a déjà été interrompue. Les juges devaient en effet se prononcer, à la demande des avocats de la partie civile, sur l’opportunité d’enregistrer les débats. Le représentant du parquet général a souligné que, selon lui, un tel enregistrement n’apporterait rien. Il a notamment fait valoir que seules des personnes mises en cause allaient témoigner et qu’elles avaient le droit de dire ce qu’elles voulaient, et de ne pas dire ce qu’elles ne souhaitaient pas révéler. "Je n’ai pas beaucoup d’espoir que ces audiences éclairent beaucoup notre lanterne", a estimé le représentant du parquet général. Quinze minutes plus tard, l’audience a repris. La Cour avait décidé de rejeter la demande d’enregistrement.
Une autre requête des parties civiles visait à faire citer comme témoin Ben Geiben, fondateur de la Brigade mobile. "Nous souhaiterions qu’il soit entendu comme témoin, car nous avons des questions importantes à lui poser", a souligné Maître Thierry Hirsch. Le président de la Cour a toutefois indiqué qu’il ne comprenait pas cette demande. "Les observations faites par Ben Geiben figurent déjà dans le dossier, mais elles ne nous font pas davantage avancer. Que pouvons-nous faire de réflexions, d’idées ou de conclusions personnelles ? En tant que témoignage, cela a peu de valeur", a déclaré le représentant du parquet général. Une analyse que les avocats de la défense ont également partagée. Au terme d’un peu plus de dix minutes de délibération, cette demande a elle aussi été rejetée.
Le procès, pour lequel cinq journées d'audience sont prévues, se poursuivra vendredi matin.