
De nombreux agriculteurs traversent actuellement d’importantes difficultés financières, explique la Centrale paysanne. Les coûts de l’énergie et des engrais ont explosé, tandis que les prix des produits agricoles ne cessent de chuter. Après la sécheresse de l’été, beaucoup d’exploitants ont également dû acheter des quantités supplémentaires de fourrage à des prix élevés, ce qui entraîne d’importants problèmes de liquidités, explique Andy Brisbois, vice-président de la Centrale paysanne.
"Au printemps de cette année, on nous a promis une aide destinée à compenser le renchérissement des engrais. Jusqu’à présent, aucun agriculteur n’en a vu le moindre centime sur son compte. C’est pourquoi, à notre avis, nous ne pouvons plus parler d’une aide immédiate, puisqu’elle a manqué son objectif principal, qui était de renforcer rapidement la trésorerie des exploitations. Quand pourrons-nous compter sur cette aide ? Il nous a été communiqué par écrit, à la fin de cette année au plus tôt, mais plus probablement en 2027. Autrement dit, près d’un an après que cette mesure a été décidée."
Des critiques visent également la réforme de l’impôt foncier et, plus précisément, la taxe de mobilisation prévue sur les terrains constructibles non bâtis. Des exceptions sont prévues pour les terrains utilisés à des fins agricoles, mais uniquement jusqu’au deuxième degré de parenté, c’est-à-dire les parents, grands-parents ou frères et sœurs. Cela ne va pas assez loin, estime Philippe Keipes, directeur adjoint de la Centrale paysanne.
"Dans l’agriculture, il arrive souvent, pour diverses raisons, que des oncles et des tantes, qui relèvent du troisième degré de parenté, soient encore copropriétaires, voire les seuls propriétaires, de terrains exploités par l’agriculteur et qu’ils lui louent. Les agriculteurs risquent alors de perdre ces terres si les exceptions ne s’appliquent pas aux terrains appartenant à des membres de la famille au troisième degré."
Selon la Centrale paysanne, sur ce dossier, les intéressés sont actuellement renvoyés d’un ministre à l’autre, personne ne semblant vouloir en assumer la responsabilité. Elle demande donc au gouvernement de prendre clairement position.
Au-delà des problèmes immédiats, la Centrale paysanne s’inquiète également de l’avenir des exploitations agricoles. Au cours des seize dernières années, leur nombre est passé de 2.200 à environ 1.800. Le président de la Centrale paysanne, Christian Wester, explique :
"Ce qui nous manque, c’est une étude approfondie de la situation, car nous ne savons pas pourquoi certaines exploitations ont cessé leurs activités. S’agit-il de facteurs sociaux ? Est-ce uniquement pour des raisons économiques ? Nous avons également évoqué la question des terrains à bâtir : certaines exploitations sont-elles affectées par la construction de logements, mais aussi par les mesures de compensation liées à d’autres projets immobiliers ?"
Selon lui, il manque des repères indiquant comment les exploitations agricoles devraient évoluer à l’avenir. Même la production de fruits et légumes, qui a pourtant été encouragée, n’est pas facile à mettre en œuvre lors d’années aussi sèches que celle-ci.
Le président Christian Wester souligne aussi qu’il ne faut pas oublier qu’il ne peut y avoir de souveraineté alimentaire sans agriculteurs.