
Chaleur et sécheresse mettent les forêts luxembourgeoises à rude épreuve. Afin de les rendre plus résistantes, l’Administration de la nature et des forêts souhaite miser sur une plus grande diversification ainsi que sur des essences d’arbres mieux adaptées. Par ailleurs, la campagne "Planter pour l’avenir" ("Planze fir d'Zukunft") prévoit la plantation de 1,7 million d’arbres supplémentaires dans le pays.
Les forêts luxembourgeoises sont sous pression. Les étés de plus en plus chauds et les périodes de sécheresse toujours plus longues ont laissé des traces ces dernières années. Pour adapter les forêts à ces nouvelles conditions climatiques, il ne suffit pas de planter de nouveaux arbres : il faut choisir des essences adaptées et résistantes. Il est également essentiel de déterminer avec soin les endroits où elles seront plantées ainsi que la manière dont elles seront entretenues ensuite.
Une essence forestière qui pourrait retrouver une place plus importante dans les forêts luxembourgeoises à l’avenir est l’alisier torminal. Longtemps considéré comme un arbre de faible importance, il pourrait redevenir intéressant grâce à ses caractéristiques.
Thierry Diedenhofen, de l’Administration de la nature et des forêts, explique que l’alisier torminal possède un enracinement profond, ce qui lui permet de bien supporter les sites secs et ensoleillés. Il pourrait ainsi constituer un bon complément à d’autres essences afin de créer des forêts mixtes plus diversifiées et plus résistantes.
Pour réintroduire cet arbre dans les forêts, il faut toutefois disposer de semences. C’est la raison pour laquelle il existe des vergers à graines spécialement dédiés à cette espèce. Une fois l’arbre planté, son entretien joue également un rôle essentiel. L’alisier torminal a besoin de beaucoup de lumière et supporte mal la concurrence des autres arbres. Il faut donc veiller à lui laisser suffisamment d’espace pour se développer. Ce travail fait plus généralement partie de la gestion d’une forêt mixte.
En plus de la gestion des forêts, le Luxembourg souhaite également planter davantage d’arbres en dehors des zones forestières. Avec la campagne "Planter pour l’avenir", le Grand-Duché s’engage à planter 1,7 million d’arbres supplémentaires d’ici 2030.
Cet objectif s’inscrit dans une initiative européenne visant à planter trois milliards d’arbres d’ici la fin de l’année 2030. Milan Loreti, du ministère de l’Environnement, explique d'où vient ce chiffre : "Ce nombre repose sur l’estimation selon laquelle environ 300 millions d’arbres poussent naturellement chaque année en Europe. Sur une période de dix ans, cela représente trois milliards d’arbres. L’Union européenne souhaite doubler ce chiffre grâce à des plantations supplémentaires."
Rapporté à l’échelle du Luxembourg, cela correspond à 1,7 million d’arbres. Ceux-ci ne seront toutefois pas tous plantés dans les forêts. Les villes et les villages doivent eux aussi devenir plus verts grâce à de nouvelles plantations. Les arbres peuvent contribuer à réduire les îlots de chaleur, à retenir l’eau dans les sols et à offrir de nouveaux habitats à la faune et à la flore.
Dans cette optique, le ministère de l’Environnement travaille également sur des mesures destinées à favoriser davantage de végétalisation dans les zones habitées. La loi sur la protection de la nature va être réformée, et des initiatives telles qu’un "Bamchallenge", un "défi des arbres", devraient encourager les communes à participer activement aux plantations.
Les particuliers pourront eux aussi contribuer à atteindre l’objectif de 1,7 million d’arbres. Toutefois, il ne s’agit pas seulement d’une question de quantité. Il est essentiel de planter le bon arbre au bon endroit, car toutes les essences ne conviennent pas à tous les paysages. Les espèces invasives, susceptibles de nuire à la nature ou figurant sur les listes d’interdiction de l’Union européenne, ne doivent pas être plantées.
Il est également important de noter que tous les arbres plantés ne sont pas automatiquement comptabilisés dans l’objectif des 1,7 million. Lorsqu’un arbre est planté pour en remplacer un autre, il n’entre pas dans ce décompte.
L’objectif n’est donc pas uniquement de mettre davantage d’arbres en terre, mais aussi de créer les bonnes conditions pour qu’ils puissent grandir et mieux résister aux effets du changement climatique. Pour les forêts luxembourgeoises, cela signifie avant tout davantage de diversité, une gestion durable et une préparation à long terme pour les décennies à venir.
Le ministère n’est actuellement pas en mesure d’indiquer à quel point le Luxembourg est proche de son objectif, car tous les arbres n’ont pas été recensés et les plantations réalisées par les particuliers ne sont pas toutes enregistrées.
Si vous avez planté un arbre depuis le 20 mai 2020, vous pouvez l’enregistrer sur ce site internet : https://mapmytree.eea.europa.eu/#/home