
L'idée semblait alléchante, mais la réalité des chiffres a eu vite fait de faire tomber l'initiative en désuétude. Interrogé par le député Serge Wilmes (CSV) sur la possibilité de créer une police montée au sein des forces de l'ordre, comme l'ont fait certains voisins dont la Belgique, François Bausch a pris le temps de détailler pourquoi la police n'y aura pas recours.
Si les deux hommes reconnaissent le caractère prestigieux de l'utilisation de chevaux pour assurer des patrouilles, le ministre s'est montré réaliste: créer une police montée coûterait cher, très cher. Au point d'en faire oublier les quelques avantages induits.
S'il n'avance pas de coût chiffré précis, le ministre de la Sécurité intérieure a égrainé de nombreux obstacles rédhibitoires. En plus d'avoir un champ d'action limité aux larges parcs municipaux et aux manifestations d'envergure, ce qui n'est pas le cas au Luxembourg, le cheval ne peut pas être mobilisé sur des journées entières sans interruption. "À l'instar des chiens de police, un cheval ne pourra pas "travailler" plus de quatre heures d'affilée par journée" explique François Bausch.
Au-delà de l'aide limitée qu'elle apporterait aux agents, une unité de police montée nécessiterait obligatoirement l'achat de chevaux, mais aussi d'écuries, de matériel pour les transporter eux et leurs cavaliers, le recrutement d'un vétérinaire, l'achat de nourriture... Autant de contraintes qui, en plus de la longue formation nécessaire de l'animal et de son cavalier, généreraient "des sommes qui ne sont plus en aucun rapport avec la plus-value qu'apporterait une telle unité et pourrait engendrer de nouvelles polémiques quant à l'utilisation des deniers publics".
La possibilité de louer des chevaux privés ou de confier leur entretien à des bénévoles viendraient finalement s'opposer aux besoins spécifiques de la police luxembourgeoise. Pragmatisme oblige, la police luxembourgeoise poursuivra donc ses missions avec des moyens plus traditionnels, comme la voiture, la moto et la patrouille à pied ou à vélo.