La vaccination connaît des remous au Luxembourg. Notamment avec une méfiance qui grandit vis-à-vis des vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson, sous le coup d'enquête pour avoir causé de rares cas de caillots sanguins.
Mercredi, le Premier ministre Xavier Bettel, en visite au centre de vaccination d'Ettelbruck, a tenu à donner un cap au micro de RTL: "Nous avons déjà eu un conseil de gouvernement cette semaine. Nous aurons aussi un conseil de gouvernement vendredi, où nous prendrons définitivement position. Il faut toujours se poser la question s'il est bon de mettre au frais maintenant par exemple des dizaines de milliers de vaccins, quand on sait que c'est une course contre le virus et que c'est le plus grand critère que l'on a. De l'autre côté, [il y a] le risque. Mais là, il faut aussi informer les gens. Et ce sont toutes ces choses qui vont continuer à être analysées."
Étant donné qu'il n'y a pas d'agence nationale du médicament au Luxembourg, le gouvernement se base aujourd'hui sur les recommandations de l'Agence européenne des Médicaments pour établir sa stratégie de vaccination. Et cette dernière, contrairement à certains Etats membres de l'Union européenne, a maintenu sans restriction le vaccin AstraZeneca pour toutes les catégories d'âge. L'évaluation du vaccin Johnson & Johnson a débuté, mais pourrait n'être terminée que la semaine prochaine. D'ici-là, l'Agence européenne maintient aussi ce vaccin.
"Nous écoutons l'Agence européenne des Médicaments. Si l'Agence dit ne l'utilisez pas, nous serons les premiers à ne plus l'utiliser. S'il y avait un avis qui disait stop au Johnson & Johnson, nous le ferions aussi. Pour le moment, nous ne l'avons pas."Selon nos informations, le vaccin Johnson & Johnson a aussi été utilisé dans les centres de vaccination mercredi.
Malgré les annonces sur les effets secondaires et sur des vaccins qui doivent être suspendus, les résidents sont toujours impatients de se faire vacciner et l'aspiration à la vaccination est grande, ont déclaré le Premier ministre et le ministre de la Sécurité sociale Romain Schneider à Ettelbruck, où 1.400 personnes ont reçu une injection mercredi.
Les deux ministres n'ont pas souhaité s'exprimer longuement sur l'enquête ouverte suite au décès d'une femme de 74 ans après sa première injection d'AstraZeneca. Peu de cas d'effets secondaires auraient été signalés à ce jour.
"Si les informations, le peu d'informations, que j'ai reçues, sont correctes, c'était de toute manière une personne pour laquelle personne n'a dit, celle-ci n'est pas recommandée pour être vaccinée avec AstraZeneca. Mais je n'ai pas encore le lien. Je peux seulement vous dire que nous avons chaque jour des gens qui meurent du Covid, c'est un fait, et que ça aussi c'est certain."