En cas d'urgenceLe Luxembourg dispose "de réserves pétrolières suffisantes"

Gaël Arellano
Comme une grande majorité des pays européens, le Luxembourg subit actuellement les conséquences de la guerre en Ukraine. Le prix des carburants explose, les automobilistes se ruent aux stations-service et rien n'indique que la situation va se stabiliser à court ou moyen terme.
Une partie des réserves pétrolières luxembourgeoises se trouvent à Mertert, près de la frontière allemande
Une partie des réserves pétrolières luxembourgeoises se trouvent à Mertert, près de la frontière allemande
© Archives RTL

Alors que la guerre fait rage en Ukraine, les pays européens se concertent afin de s'affranchir, d'une manière ou d'une autre, de la dépendance au gaz et au pétrole russe. De son côté, le Luxembourg cherche "des solutions" afin de tempérer la hausse "galopante" des prix de l'énergie tout en apportant son aide à l'Ukraine.

S'il est invraisemblable que la Russie "coupe les vannes" à l'Europe qui dépend à 40% de son gaz et à 25% de son pétrole, la question des réserves pétrolières du Grand-Duché et de ses voisins se pose malgré tout. Et dans le cas du Luxembourg, la situation peut paraître inquiétante.

ISOLÉ, LE LUXEMBOURG PEUT TENIR 8 JOURS

Nous vous en parlions en 2019: le Luxembourg stocke une grande partie de ses réserves pétrolières à l'étranger. À l'époque, l'ex-ministre Etienne Schneider affirmait que le Grand-Duché disposait de l'équivalent de 8 jours de réserves sur son territoire. Près de trois ans plus tard, la situation reste la même.

Vendredi dernier, le ministère de l'Energie nous a confirmé que "des réserves pétrolières suffisantes pour au moins 8 jours" étaient stockées à Bertrange et à Mertert. Inquiétant? Pas d'après la chargée de communication du ministère, Lisa Bohler, qui rappelle que l'équivalent de 37 jours de réserves sont stockées "dans la région" et "essentiellement en Belgique".

La sécurité d'approvisionnement est garantie

Et lorsqu'on évoque de potentiels problèmes d'acheminement, elle répond simplement que "la sécurité d'approvisionnement est garantie". Un message que nous communiquait déjà M. Schneider en 2019 quand il rappelait que la loi du 10 février 2015 "oblige tous les importateurs et les responsables des dépôts à garantir l'accessibilité permanente aux réserves pétrolières".

En cas d'urgence ou de crise, le Luxembourg devrait donc être approvisionné en pétrole. Rassurant? Pas tant que ça. En effet, le 3 mars, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a adopté un plan "coordonné" des prélèvements des stocks d'urgence pétrolière.

Une opération à laquelle le Luxembourg a participé en mettant en circulation "108.685 kb de produits pétroliers". Si cela peut paraître rassurant en termes d'approvisionnement, ça l'est moins quand on sait que cela représente environ 3% des réserves nationales.

LA RÉACTION LUXEMBOURGEOISE SE FAIT ATTENDRE

Lorsque ce plan a été annoncé, le ministre de l'Energie Claude Turmes, affirmait que la stabilisation du prix des carburants et la sécurisation de l'approvisionnement étaient "une priorité pour le gouvernement". Plusieurs semaines plus tard, force est de constater que les prix n'ont cessé de fluctuer.

Il semblerait donc que les mesures mises en œuvre par le Luxembourg n'aient pas suffi à atténuer les effets de la guerre en Ukraine. Et alors qu'en France, "une remise carburant de 15 centimes par litre" a déjà été annoncée, la réaction luxembourgeoise continue à se faire attendre.

En effet, la tripartite annoncée la semaine dernière par Xavier Bettel n'a pas encore eu lieu. Une réunion avec les partenaires sociaux qui est censée "dégager des solutions pour soulager les ménages et les entreprises face à l'impact financier de la situation".

Tout arrive trop tard, les gens doivent payer leurs factures maintenant

L'opposition a d'ailleurs déploré le fait que le gouvernement n'ait pas annoncé d'aide immédiate la semaine dernière à la Chambre des députés. Marc Goergen (Pirate) avait notamment souligné que tout arrivait "trop tard" et que les citoyens devaient "payer leurs factures maintenant".

Plusieurs pistes telles que l'augmentation de l'indemnité kilométrique, une allocation énergétique, une éventuelle réduction de la TVA sur l'essence et le diesel ont été évoquées au parlement. Des propositions entendues par les représentants du gouvernement qui ont promis de trouver "des solutions efficaces en collaboration avec les partenaires sociaux".

Il faudra donc attendre la tenue de la prochaine tripartite pour savoir ce que le gouvernement luxembourgeois compte faire pour atténuer la hausse des prix de l'énergie. Autant dire que cette réunion est très attendue.

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