Revendication de l'AMMDLe Luxembourg a-t-il besoin d'un hôpital dédié au Covid-19?

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Pour l'Association des médecins et médecins-dentistes, l'objectif serait d'avoir une structure hospitalière ou une nouvelle infrastructure spécialement consacrée à la prise en charge des malades du Covid-19.
© RTL Télé Lëtzebuerg

Les autres cliniques pourraient ainsi à nouveau mieux s'occuper du reste des patients, qui ont été quelque peu délaissés ces dernières semaines.

Avec son Service national des maladies infectieuses, le CHL, le Centre hospitalier de Luxembourg, a été le premier hôpital à prendre en charge des patients Covid-19 au Grand-Duché. Vu la propagation rapide du virus, les autres cliniques ont dû s'adapter. L'idée d'un hôpital centralisé dédié au Covid-19, semble éloignée de la réalité pour le Docteur Romain Nati, directeur du CHL: "Il faut savoir qu'il n'y a pas d'hôpital négatif au Covid, pas de cabinet médical négatif au Covid. Le virus est partout dans la société. Nous savons que certaines personnes sont asymptomatiques ou présymptomatiques. Et partout où des patients sont accueillis, des mesures doivent être prises."

Chaque hôpital devrait donc continuer à avoir une filière Covid et une filière non-Covid et à respecter les mesures sanitaires, selon le directeur du CHL.

Deux filières dans chaque hôpital ou une structure dédiée

L'Association des médecins et médecins-dentistes critique les flux séparés dans les hôpitaux. Ils limiteraient considérablement les possibilités de prise en charge quotidiennes. Aujourd'hui encore, des locaux opératoires sont condamnés à cause de la pandémie. Dans l'intérêt du patient, il faudrait trouver une voie pour limiter les deux filières dans les hôpitaux au secteur des urgences, selon le vice-président de l'AMMD, le Docteur Philippe Wilmes: "Nous avons aujourd'hui plus de 20.000 patients qui n'ont pas subi une opération ou un examen important ces huit dernières semaines, ils doivent être pris en charge. Nous ne pouvons pas les prendre en charge avec 30% des capacités d'avant la crise. Nous savons que déjà avant la crise, les capacités n'étaient souvent pas suffisantes."

Pour combler le retard ainsi que pour garantir la prise en charge médicale des patients Covid et non-Covid en cas de deuxième vague, il faudrait un concept national, soit dans un hôpital, soit dans une structure qui pourrait être érigée à côté d'une clinique existante.

"Comme ce qu'ils ont fait en Chine, par exemple. Il y a déjà des expériences à l'étranger, pour développer de telles choses, que l'on pourrait aller chercher pour faire cela à proximité d'un hôpital. Et évidemment ensuite, l'exploitation de la structure nationale serait réalisée en collaboration avec les quatre hôpitaux. Il y a des modèles pratiques au Luxembourg, comme par exemple l'INCCI, où plusieurs hôpitaux exploitent une infrastructure commune."

Pour mettre au point un tel concept, l'AMMD a demandé un entretien à la ministre de la Santé. L'association attend un retour.

La Fédération des hôpitaux pas favorable à une structure dédiée au Covid-19

Pour le Docteur Philippe Turk, Coordinateur national des hôpitaux pendant la crise sanitaire, le concept d'une structure centralisée n'est utile que si peu de patients Covid-19 sont hospitalisés et au maximum 10 en soins intensifs. En dehors de ce cas de figure, et particulièrement en cas de deuxième vague, il faudra à nouveau faire intervenir plus d'hôpitaux, car les patients Covid en soins intensifs, exigent une prise en charge médicale hautement technologique et intensive en matière de personnel.

"Ensuite vient évidemment la question s'il faut se concentrer sur deux établissements au lieu de quatre, tout est ouvert à la discussion. Nous avons rendez-vous la semaine prochaine avec la ministre et les directions des hôpitaux pour en discuter."

Dans un courrier à la ministre, la Fédération des hôpitaux a cependant déjà annoncé lundi qu'elle ne voit pas le besoin d'un hôpital dédié au Covid-19.

De son côté, le CHL se dit prêt à regrouper tous les patients Covid du Luxembourg, dès qu'ils seront un peu moins nombreux et que son Service national des maladies infectieuses, avec ses 18 lits, suffira pour tous les accueillir.

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