Le président du LCGB Patrick Dury espère trouver des solutions pour les salariés avec le probable nouveau ministre du Travail, Marc Spautz.

Après l’annonce de la démission de Georges Mischo et de son probable remplacement au ministère du Travail par Marc Spautz, le président du LCGB a exprimé son espoir d’une “approche plus constructive”. Patrick Dury et Marc Spautz sont d’anciens collègues de travail : “Marc Spautz a été pendant des années mon supérieur en tant que secrétaire général du LCGB. Je pense qu’il connaît bien le milieu syndical, il connaît aussi bien les employeurs, il maîtrise très bien la matière du droit du travail et je crois que nous attendons de lui une approche beaucoup plus constructive que celle que nous avons connue ces dernières années.”
Le retour de l’Union syndicale à la table du Comité permanent du travail et de l’emploi ne sera toutefois pas automatique, a déclaré Patrick Dury. Depuis les réunions bilatérales sociales, les syndicats ne participent plus aux réunions tripartites avec le gouvernement et le patronat. Un certain nombre de conditions devraient être remplies pour qu’ils reviennent.
Il existe néanmoins une certaine attente pressante vis-à-vis de Marc Spautz. Patrick Dury énumère une série de dossiers : “Avec la nouvelle directive, les salaires minima ne sont pas assez élevés au Luxembourg. Ils doivent être revalorisés. Et bien sûr, nous attendons des discussions sur l’organisation du temps de travail, les salaires minima, la numérisation, l’intelligence artificielle. Nous comptons sur ce ministre du Travail pour élaborer des solutions. C’est nécessaire et urgent, car nous avons perdu beaucoup de temps au Grand-Duché.”
La présidente de l’OGBL, Nora Back, estime que la démission de Georges Mischo est certainement une situation humainement difficile. Mais elle ajoute : “Nous ne pouvons pas dire que nous considérons cette décision comme mauvaise. Nous avons vraiment eu de réelles difficultés avec Georges Mischo, et cela a commencé dès avant les élections, honnêtement, avec une mauvaise compréhension de notre mécanisme d’indexation. Cela s’est poursuivi avec des attaques contre les syndicats, puis avec des attaques au niveau le plus fondamental, celui qui nous protège le plus : notre droit du travail, qui est là pour protéger les salariés. Oui, nous pensons que cette décision est la bonne. Mais nous en réjouir ? Quand nous réjouissons-nous ? Nous nous réjouirons quand des lois seront adoptées qui vont dans l’intérêt des personnes qui travaillent.”
Marc Spautz s’est distingué ces dernières années par des positions plus proches de celles des syndicats. Ce qui les laisse espérer que le dialogue social puisse être relancé et mieux fonctionner. Pour Nora Back, ce n’est pas une question de sympathie, mais cela dépendra de ses actes politiques. Et en tant qu’ancien secrétaire général du LCGB, Marc Spautz ne sera pas forcément dans une situation facile au sein de ce gouvernement :
“ Je pense que c’est une position difficile actuellement, en tant qu’ancien syndicaliste, dans le contexte politique actuel et avec le programme de coalition en place, d’aborder ces tâches, surtout avec une UEL [Union des entreprises luxembourgeoises] qui, comme vous le savez, adopte en ce moment une approche assez virulente et des positions beaucoup plus radicales qu’avec les précédents gouvernements, selon nous, car elle bénéficie d’un certain soutien. Cela ne sera probablement pas un match facile pour Marc Spautz. L’UEL avait également déclaré dans des interviews précédentes qu’elle se distançait complètement de ce qu’on appelle l’aile sociale du CSV. Cela signifie qu’établir un équilibre ne sera pas si simple. Mais je place malgré tout mes espoirs dans la personne de Marc Spautz pour traiter ces dossiers d’une manière plus favorable aux salariés.”