
"Quand les prix des carburants sont élevés, une station-service ne gagne pas plus, puisqu'elle doit acheter les produits à un prix également plus élevé et les prix de vente sont plafonnés", explique Romain Hoffmann qui exploite personnellement plusieurs stations-service.
En parallèle, les prix sont en partie et momentanément plus bas à l'étranger car certaines réductions étatiques sont plus élevées qu'au Luxembourg. Comme la réduction pratiquée en Allemagne de 35 centimes est en vigueur jusqu'à la fin de mois d'août, et que celle de 7,5 centimes au Luxembourg se termine à la fin du mois de juillet, Romain Hoffmann a proposé d'adapter les prix luxembourgeois à ceux pratiqués en Allemagne. "Si cela n'est pas fait, nous risquons de subir encore plus de pertes au mois d'août, avec parfois 30, 40 et même 50% de pertes au litre", déplore le président du Groupement Pétrolier.
-> À lire également: Cette fois, les stations luxembourgeoises sont en difficulté
Comme les stations-service luxembourgeoises se voient imposer un prix maximal par l'État, Romain Hoffmann a répété une revendication du secteur qui existe depuis plusieurs années: l'adaptation du prix à la pompe au prix des marchés internationaux, et cela de manière quotidienne. Selon lui, l'État luxembourgeois aurait encore les moyens d'aider ce secteur grâce à des subsides.

Il précise également que "les grands gagnants de la situation ne sont pas les maisons-mères des stations mais bien les pays producteurs, la question de l'imposition des bénéfices extraordinaires au Luxembourg ne devrait donc même pas se poser".
"Si la situation perdure, il faudra s'attendre à des licenciements", regrette le président du Groupement Pétrolier qui propose également des heures d'ouverture adaptées afin de compenser certaines pertes. Il est d'ailleurs d'avis que l'inversement du tourisme à la pompe n'était pas vraiment prévisible car "le nombre de stations est resté constant depuis les années 90 et les quantités de carburants vendues ont fortement fluctué ces dernières années. Mais je reste optimiste, car les aides publiques des pays voisins ne vont pas pouvoir durer très longtemps, car elles coûtent extrêmement cher aux gouvernements, et donc aux citoyens".