LuxembourgLe Covid n'a pas touché hommes et femmes de la même manière

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Statistiquement, les hommes ont un risque plus élevé de développer des formes graves alors que les femmes ont été davantage touchées par les conséquences socio-économiques de la crise.
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La pandémie avait un impact différent sur les femmes et les hommes, c'est le résultat d'une nouvelle étude menée par l'institut de recherches LISER, à la demande du ministère de l'Égalité des chances.

Alors qu'autant d'hommes que de femmes ont contracté le coronavirus, avec un risque un peu plus élevé pour les jeunes femmes et les hommes plus âgés, les hommes avaient statistiquement plus de risques de développer une forme grave de la maladie, comme le souligne Philippe Van Verm du LISER:

"Si les hommes et les femmes ont, globalement, été contaminés dans des proportions similaires, les hommes ont été bien plus nombreux à développer des formes graves du Covid-19 nécessitant une hospitalisation, une admission en soins intensifs, voire à un décès. Cet écart est très marqué au Luxembourg, mais il a également été observé ailleurs dans le monde. Si les écarts de genre dans les contaminations sont globalement insignifiants, on peut néanmoins observer que les mères de famille ont été plus contaminées, plus que pères de famille – un constat soulignant l’importance des rôles dans le ménage sur le risque d’infection".

Dr Bertrand Verheyden souligne que les femmes sont plus enclines à se conformer aux mesures sanitaires que les hommes: "les femmes ont en effet tendance à être plus préoccupées par les répercussions du Covid-19 sur leur santé et à avoir une attitude plus prudente face aux situations risquées en général. Ceci dit, même lorsque ces différences sont prises en compte, les femmes restent globalement plus respectueuses des mesures, en particulier le port régulier du masque et le respect des gestes barrières. Cependant, les femmes ont témoigné plus d’inquiétudes face aux effets secondaires de la vaccination. Les femmes et les hommes ne sont donc pas sensibles aux mêmes aspects de la pandémie. Par conséquent, certaines communications en soutien de ces politiques pourraient gagner en efficacité en étant adaptée selon le genre".

Dr Menta ajoute finalement que "l'écart entre les sexes en matière de travail non rémunéré en juin 2020 était qualitativement plus large qu'il ne l'était avant la pandémie. Alors que les deux ont augmenté le temps consacré aux tâches ménagères et à la garde d’enfants, les femmes l’ont fait 30 minutes de plus par jour, en moyenne. Nos résultats suggèrent que les hommes ont raté leur chance d'accroître leur contribution au travail non rémunéré d'une manière qui aurait pu réduire l'écart entre les sexes en ce qui concerne les tâches ménagères et la garde des enfants".

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La ministre Taina Bofferding conclut "qu’il importe de discuter les résultats saillants de l’étude avec les acteurs concernés, à commencer par les ministères particulièrement sollicités par la crise, mais aussi avec les partenaires sociaux. L’étude du LISER, la conférence et la table-ronde en ont fait le début. La crise a mis au jour les déficits dans l’organisation de notre société, dont les inégalités entre les sexes qui risquent de s’accentuer durant et après la crise. Voilà pourquoi, nous devons répondre par une politique plus ciblée sur les sexes pour que les futures crises créent moins d’inégalités".

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