Parti du LuxembourgLe bus est arrivé à la frontière entre la Pologne et l'Ukraine

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Notre reporter Annick Goerens était encore jeudi avec les deux résidents luxembourgeois dans le bus qui les emmène vers la frontière entre la Pologne et l'Ukraine.
© Annick Goerens / RTL

Après plus de 1.300 kilomètres de route, le convoi humanitaire est arrivé jeudi à 2h00 du matin à Varsovie. L'objectif est d'atteindre les frontières avec l'Ukraine et de ramener 44 personnes au Luxembourg. Cela semble plus simple que ça l'est.

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C'est une conséquence de toutes les guerres. Action/réaction: les bombardements créent des réfugiés, des réfugiés de guerre. Tous ces gens qui doivent caser toute leur vie dans une valise et fuir, loin de chez eux. Aleksandra Chirikaieva, qui habitait à Kiev, explique: "On a tout laissé. On ne sait pas si on va rentrer, parce que notre maison est juste à côté de la station électrique et elle est toujours bombardée. C'est pour cela, on a peur. On ne sait pas si on a un appartement pour revenir. […] C'était trop dur. Mon petit fils, il a dit en partant de Kiev, on n'a plus de maison."

Ensuite la plupart atteignent une frontière, comme celle avec la Pologne. Selon les Nations Unies, plus d'un million de réfugiés ont déjà fui l'Ukraine. La moitié d'entre eux passent par la frontière polonaise. Les files sont interminables et les cris sont forts. Le chaos est immense. Il existe un certain nombre de rapports de profilage racial à la frontière, c'est-à-dire que les personnes noires ne seraient pas autorisées à passer, ce que nous ne pouvons pas confirmer ici dans la précipitation.

A Varsovie jeudi matin, le car venu du Grand-Duché a embarqué 13 personnes, dont huit enfants, et un chat aussi. Pour les gens, ça a été un calvaire, raconte Aleksandra Chirikaieva, mère de trois enfants: "On a passé six nuits au sous-sol. On avait peur. Mon mari a décidé de prendre le bus. On a fait 14 heures de route. On a passé jusqu‘à la frontière et on pris le bus là-bas. […] C‘est dur et tous les jours je pense que c‘est un rêve et que nous sommes restés là-bas. La Pologne est un rêve. Le Luxembourg est un rêve. Je pense que je dors. Je ne sais pas. Et il y a le train qui passe à côté et qui fait du bruit et j‘ai peur."

Aleksandra a de la chance, son mari a pu passer la frontière avec elle, en vertu de la loi ukrainienne qui veut qu'un père d'au moins trois enfants âgés de moins de 18 ans, ne doit pas combattre. Et ils ont trois enfants: un bébé de six mois, un petit garçon de trois ans et une fille de 12 ans. Ils vont venir au Luxembourg, puis de là, rejoindre des amis en France. Mais ils ignorent encore de quoi sera fait l'avenir.

Et le périple se poursuit via les frontières slovaque et hongroise vers la Roumanie, où au moins deux douzaines de réfugiés attendent le bus.

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