
La patience de l'automobiliste qui circule à Luxembourg aux heures de pointe, est mise à rude épreuve. Une fois arrivé, un nouveau défi l'attend la plupart du temps: trouver une place pour se garer. La solution pourrait être l'autopartage, car sharing en anglais, selon une nouvelle étude du ministère de la Mobilité, réalisée en collaboration avec un groupe d'experts.
Selon Eurostat, le Luxembourg a le taux de motorisation le plus élevé de l'Union européenne, avec 700 voitures pour 1.000 habitants (chiffres de 2019). Le concept d'autopartage pourrait changer cela. On pourrait ainsi au moins renoncer à la deuxième ou troisième voiture du ménage, en partageant à plusieurs une voiture publique, d'après le groupe d'experts.

"L'autopartage est un service qui permet à des particuliers de réserver, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, un véhicule (voiture, camionnette, etc.) pour une période courte et de le libérer ensuite pour le client suivant," précise le ministère de la Mobilité dans un communiqué. La voiture en partage peut être réservée au préalable et ensuite le particulier va la chercher à la station. Le paiement s'effectue à l'heure et au kilomètre. Une fois arrivé à destination, l'usager peut déposer le véhicule à l'emplacement prévu. Le concept existe déjà au Luxembourg, mais il doit être développé. Le ministre de la Mobilité, François Bausch, explique: "Si on utilise une voiture en partage, cela remplace 12 à 15 voitures dans l'espace routier".
Non seulement l'autopartage désengorgerait les routes, mais ce serait un système pratique pour le client.
"Il ne faut s'occuper de rien, il ne faut pas s'organiser pour les pneus d'hiver, il ne faut pas aller au garage, il ne faut pas laver la voiture. On l'utilise et ensuite, on la dépose. Et on a toujours une place pour se garer", affirme Michael Glotz-Richter, membre du groupe d'experts.
Ce modèle de mobilité aurait des effets positifs au niveau du portefeuille, avec entre 4.000 et 5.000 euros d'économies par an, estiment les experts.
Malgré cela, l'autopartage ne semble pas encore être connu ici, au pays de l'Autosfestival. Selon une étude de TNS-Ilres, en 2018, seuls 2% des personnes interrogées déclaraient avoir utilisé l'autopartage. mais 1/5 disaient qu'elles voudraient l'essayer. Qu'en est-il aujourd'hui? Nos collègues de RTL sont allés poser la question sur le parking d'un centre commercial. Les avis divergent. La question de la difficulté pour effectuer le trajet pour arriver au travail se pose souvent. Certains disent avoir déjà une voiture. Le côté plus pratique de la voiture particulière quand il y a des enfants, est également évoqué.
Pour rendre le concept plus populaire, des places d'autopartage pourraient également être proposées au travail, ont souligné les experts mardis lors de la conférence de presse. Une vingtaine de stations d'autopartage seront installées sur le territoire de la ville de Luxembourg. Une cinquantaine de stations supplémentaires seront exploitées par l'Etat dans le pays. Un aller-retour Kirchberg-Kockelscheuer coûtera environ 13 euros.
L'autopartage doit aussi devenir une alternative à la voiture particulière en-dehors de la capitale. Le ministre de la Mobilité envisage à cette fin un projet pilote avec deux communes. Les détails restent à préciser.
Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: