Le Premier ministre est “le premier à entrer en ligne de compte pour être tête de liste aux prochaines élections législatives de 2028”, a déclaré le nouveau président du groupe parlementaire CSV, Laurent Zeimet, jeudi sur RTL. Il a jugé positif le fait que Luc Frieden soit en même temps président du parti et veuille le rester.
Le chef de fraction constate qu’on reprochait autrefois au CSV, sous le Premier ministre Jean-Claude Juncker, de n’avoir personne d’autre que Juncker, et que maintenant cela se “concentre” sur Luc Frieden. À ses yeux, pas plus à l’époque qu’aujourd’hui, “ce n’est uniquement le Premier ministre ou le président du parti qui représentent le CSV”. Selon lui, son parti compte plusieurs personnes capables d’assumer ce rôle, mais le poste est actuellement bien occupé.
Même si Luc Frieden est le premier Premier ministre à ne plus figurer dans le Top 10 des sondages ? Laurent Zeimet a pointé l’étranger, où les chefs de gouvernement ne sont pas toujours les plus populaires. Il n’est pas surprenant que Luc Frieden ait obtenu un score moins bon, car il a été critiqué cet été et auparavant : “Donc, s’il était sorti avec une progression de 20%, nous dirions tous ‘chapeau, belle performance’”.
Des critiques sur les projets du gouvernement concernant le travail dominical, mais aussi sur la volonté d’affaiblir le rôle des syndicats dans les conventions collectives, sont venues des propres rangs du CSV, notamment de l’ancien chef de fraction Marc Spautz. Celui qui incarnait l’aile sociale au sein du CSV, et qui avait été publiquement soutenu par Laurent Zeimet, a repris le poste de ministre du Travail après la démission de Georges Mischo. Marc Spautz va-t-il désormais être “dompté” au sein du gouvernement ? Laurent Zeimet a ri : “Je souhaite bien du plaisir à ceux qui veulent dompter Marc Spautz.”
Le remaniement gouvernemental et sa nomination comme nouveau chef de fraction CSV ne sont pas, pour Laurent Zeimet, une “revanche de l’aile sociale”, comme l’avait décrit l’hebdomadaire Lëtzebuerger Land. Il estime aussi que “l’attente des citoyens envers le CSV est qu’il incarne la stabilité”. Le parti doit “répondre à” cette attente légitime.
Contrairement à Luc Frieden, mais aussi au ministre des Finances Gilles Roth, qui ne veulent plus entendre parler “d’ailes”, le chef de fraction maintient qu’il y a au sein du CSV des personnes plus libérales et, d’un autre côté, des profils plus sociaux-chrétiens. Après sa nomination, le nouveau président du groupe parlementaire avait d’ailleurs qualifié son rôle avec beaucoup d’humour de “manager de divas”. Jeudi matin, il a déclaré que tout dépendait de “la discussion en amont”, après laquelle il faut bien sûr prendre des décisions. Dans la fraction, chacun a ses talents. Il y a “des caractères forts”, ce qui est une bonne chose. Pour Laurent Zeimet, chacun doit s’impliquer : “il n’est pas question que certains travaillent et que les autres se contentent de suivre.”
Laurent Zeimet a également décidé de renoncer à son poste de bourgmestre de Bettembourg. Une décision qu'“il ne lui a pas été facile de prendre”, mais il savait “au fond de lui” qu’il serait difficile de cumuler les deux fonctions.
Il a confirmé que son collègue de parti et échevin, Jean-Marie Jans, souhaite reprendre le poste et il se dit confiant qu’il parviendra à rallier la majorité CSV-DP-Gréng.
Après près de 15 ans au poste de bourgmestre, Laurent Zeimet laisse derrière lui une commune dont la population a moins augmenté que celle des autres communes de taille comparable, mais aussi la commune avec la deuxième dette la plus élevée par habitant (Lors de l’interview, nous avons dit que Bettembourg était la commune la plus endettée par habitant, mais c’est Echternach. Bettembourg est la deuxième). L’élu CSV a expliqué que la commune avait justement investi dans des terrains, des infrastructures, des écoles et des maisons-relais pour pouvoir se développer. De nouveaux quartiers vont maintenant voir le jour.
Même en tant que chef de fraction, Laurent Zeimet reste le porte-parole du CSV pour la politique étrangère. Interrogé sur le grand écart du gouvernement pour renforcer les relations commerciales avec les États-Unis malgré la stratégie américaine visant à diviser l’UE, les revendications des États-Unis sur le Groenland et l’intervention américaine au Venezuela, il a évoqué la guerre en Ukraine, où il s’agit aussi de la liberté de l’Europe.
“Les Américains sont nos alliés, nous dépendons des Américains”, a déclaré Laurent Zeimet. D’un autre côté, l’Union européenne souhaite “mieux se préparer pour l’avenir, mais cela prendra du temps”. Actuellement, l’Europe n’a “malheureusement” pas la force dont elle aurait besoin, et il espère que l’UE ne se divisera pas davantage.
Le gouvernement américain actuel n’est “pas celui qui suscite un grand enthousiasme”, mais il a été élu pour un temps. Il y a des personnes au sein du gouvernement américain qui voient les choses différemment, et à la fin de l’année auront lieu les élections de mi-mandat, où une partie du Congrès – la Chambre des représentants et le Sénat – sera renouvelée, ce qui pourrait réduire la marge de manœuvre de Donald Trump.