Après un an de CovidL'artisanat luxembourgeois a réussi à surmonter la crise

RTL Infos
Le directeur général de la Chambre des métiers était l'invité de la rédaction ce lundi matin.

Selon Tom Wirion, l'état de santé économique de l'artisanat ne se laisse pas résumer en une phrase, mais globalement, il a plutôt bien résisté à la crise. Avec 8.000 entreprises et 100.000 salariés, une croissance se fait quand même ressentir malgré la pandémie de coronavirus: 253 sociétés et 1.500 emplois ont ainsi été créés en 2020. Il s'agit d'un chiffre à la baisse par rapport aux autres années, -53 pourcents pour les emplois et -21 pourcents pour les entreprises.

D'importantes différences ont été ressenties en fonction des secteurs comme par exemple l'alimentaire qui a vécu une baisse de son chiffre d'affaires moyen de 16 pourcents, une baisse du nombre des sociétés de trois pourcents et des emplois de cinq pourcents. Les soins à la personne (coiffure, esthétique) ont également souffert d'un baisse de 21 pourcents de leurs chiffres d'affaires. La construction a, à l'inverse, profité d'une meilleure situation ou "pas si mauvaise" suite à une réouverture plus rapide des chantiers et un rattrapage par la suite qui n'est par exemple pas possible pour un coiffeur.

Les aides de l'État ont joué un rôle important dans la survie de nombreuses entreprises, 89 pourcents d'entre elles ont eu recours à une aide financière publique, selon une enquête. Dans 84 pourcents des cas, les sociétés concernées ont eu recours au chômage partiel alors que 39 pourcents ont demandé une aide directe auprès de l'État.

"Les aides sont importantes mais elles ne suffisent pas" insiste le directeur général de la Chambre des métiers. 43 pourcents des chefs d'entreprise ont indiqué avoir dû puiser dans leurs réserves ou effectuer une augmentation de capital. Selon Tom Wirion, "les aides n'ont pas suffi dans tous les secteurs et l'État ne peut pas tout rattraper non plus".

Le directeur général de la Chambre des métiers explique que la pénurie de matières premières "était prévisible et appréhendée par les différents secteurs". Ce sont surtout les matériaux comme le bois, le métal et les matières isolantes qui sont actuellement en rupture de stock. Le mélange entre les délais de livraison relativement élevés et la hausse des prix a créé une situation compliquée. Le comité de conjoncture fera tout son possible pour rendre le chômage partiel accessible dans les sociétés touchées par cet arrêt provisoire du travail.

Tom Wirion explique enfin que la pandémie n'est pas encore terminée et que ce sont d'abord les finances publiques qui doivent être analysées afin de pouvoir élaborer un plan de sortie pour tous les secteurs de l'artisanat, le plus rapidement possible de préférence. Il conclut: "chaque chose en son temps".

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