
En prenant la décision de fuir leur pas, les Ukrainiens ont été obligés de tout laisser derrière eux. Pas facile pour les réfugiés d’acheter un minimum nécessaire au Luxembourg. La monnaie nationale de leur pays - la Hrywnja - ne peut pas être échangée depuis le commencement de la guerre. Ce n’est pas uniquement le cas au Grand-Duché, mais aussi dans d’autres pays européens, comme l’explique Yves Maas, le Directeur Général de l’ABBL, l’Association des Banques et Banquiers au Luxembourg.
« L’échange de la devise était bloquée en Ukraine, ensuite elle a été libérée en partie. Il y a une grande incertitude sur les marchés financiers, voilà pourquoi il est extrêmement difficile de fixer un taux de change pour une unité monétaire où on ignore si elle existera toujours dans un ou deux mois. »
C’est une situation insatisfaisante pour la totalité du secteur bancaire, rajoute le Directeur Général de l’ABBL. Il faudrait une action concertée pour une solution européenne. Ce à quoi s’attellent la Fédération Européenne des Banques, les Banques Centrales et les politiques.
Pour disposer d’espèces, les réfugiés ukrainiens se heurtent à un autre problème : des limites ont été fixées par le gouvernement ukrainien pour les virements et prélèvements, comme nous fait remarquer le Président de l’association LUkraine. Vient s’ajouter qu’une régularisation de leur situation au Luxembourg prend de plus en plus de temps. Entre six à huit semaines avant que les personnes peuvent toucher les aides financières de l’état.
L’asbl LUkraine souhaite établir un fonds de solidarité pour soutenir les réfugiés financièrement pendant qu’ils attendent leur statut. Mais cela risque de prendre du temps, puisque l’association, qui fonctionne exclusivement avec des bénévoles, est déjà très sollicitée.
D’après Yves Maas, les réfugiés ont la possibilité d’ouvrir un compte en banque au Luxembourg, pour cela il leur faudrait évidemment un minimum de documents, tels qu’un passeport ou un certificat de protection temporaire.