
C’est dans une salle comble qu’ont eu lieu les premiers débats des assises nationales du logement. Le ministre du Logement, Henri Kox, a présenté la stratégie nationale du logement abordable avant d’aborder les difficultés que rencontrent actuellement les constructeurs et les promoteurs du pays.
Roland Kuhn, administrateur délégué d’une des plus anciennes sociétés de construction du pays, s’est fait le porte-parole d’un secteur en crise.
"Il ne se passe rien" sur le marché du neuf, "les gens n’appellent plus pour acheter" d’après lui. Dans ce contexte, il craint que le couperet tombe "après l’été 2023" entraînant une série de faillites puis un rebond du chômage.
Pour éviter ce cas de figure, le chef d’entreprise soutient qu’il faut une intervention de l’Etat luxembourgeois sous la forme d’aides pour les acheteurs potentiels "pendant 12 mois" afin de répondre à la crise que traverse le secteur actuellement.
Il a notamment évoqué une éventuelle exemption des frais d’enregistrement, une baisse de la TVA, une hausse du crédit d'impôt, l’amortissement accéléré et une série d’avantages fiscaux qui pourraient servir d’incitatifs à "ceux qui pourraient encore acheter".
"Il faut redynamiser le secteur du logement, la demande est quasi-nulle" a-t-il déclaré avant d'ajouter que le plafond prévu par la réforme du bail à loyer avait "donné le coup de grâce à l'investissement locatif".
Roland Kuhn est d'avis qu'il faut "laisser le marché (de la location) se réguler" plutôt que d'intervenir à l'échelle étatique. Une vision qui n'a évidemment pas été partagée par le ministre du Logement.
En ce qui concerne les aides suggérées par le chef d'entreprise, Henri Kox s'est dit "prêt" à envisager une hausse du fameux "Bëllegen Akt".
Pour ce qui est des avantages fiscaux, il a rappelé que cela ne relevait pas de ses compétences en sa qualité de ministre du Logement.
Enfin, concernant une éventuelle baisse la TVA, il convient de rappeler que la ministre de la Finance a récemment exclu cette éventualité sur nos ondes.