Mars Di Bartolomeo tire la sonnette d'alarmeL'ancien ministre craint "la création d'un régime de retraite à deux classes"

RTL Infos
Mars Di Bartolomeo a réagi mardi soir sur RTL Télé aux déclarations de la nouvelle ministre de la Sécurité sociale, Martine Deprez, à propos du système des pensions au Luxembourg.

En 2042, les réserves de la Caisse des pensions ne suffiront plus à couvrir les dépenses. La nouvelle ministre de la Sécurité sociale, Martine Deprez, était revenue sur cette situation alarmante au Luxembourg lors d'une interview accordée à RTL lundi matin. Une réforme des pensions a d'ailleurs été mise en place en 2012, mais depuis lors, plus rien n'a été entrepris dans ce sens, "comme si tout allait bien", a regretté Martine Deprez.

L'ex-ministre de la Sécurité sociale et actuel député socialiste, Mars Di Bartolomeo, a réagi le soir-même à ces déclarations.

Le gouvernement avait dit en 2012 que le système de retraite était sécurisé pour 50 ans grâce à sa réforme. Mais à présent, une nouvelle réforme serait à nouveau nécessaire. "Nous ne nous sommes absolument pas trompés il y a onze ans", a affirmé mardi soir Mars Di Bartolomeo sur le plateau de RTL Télé.

A propos de sa réforme des retraites de 2012, le député LSAP a dit qu'elle était "celle réalisable, celle qui était la bonne au bon moment" et que "la réserve pour les temps plus difficiles avait depuis lors doublé." "Les autres paramètres sont restés stables." Les travaux se sont poursuivis sur cette réforme avec une feuille de route claire. "Des bilans intermédiaires ont été réalisés", mais pas discutés "en grandes pompes". Au-delà de cela, "une telle réforme n'est pas faite pour l'éternité, mais c'est toujours un travail en cours."

"Le DP à l'époque a vivement critiqué cette réforme. C'était surtout le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, qui avait soutenu son ministre de la Sécurité sociale et rendu la réforme possible."

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La ministre actuelle veut agir sur les mêmes leviers qu'en 2012: renforcer la partie commune des pensions et diminuer la partie qui dépend du salaire du bénéficiaire. Ceux qui ont des salaires plus élevés, peuvent se permettre des retraites complémentaires. Ce que Mars Di Bartolomeo n'apprécie pas, c'est que le gouvernement veuille mener un large débat, mais sans y inclure la Chambre, comme cela avait été le cas en 2012.

Par ailleurs, le député LSAP a voulu aborder "un faux pas" de Martine Deprez. Pour ajuster l'équilibre financier du système de retraites, il y a toujours trois leviers qui peuvent être actionnés: les cotisations, l'âge légal de départ à la retraite ou la durée des cotisations et enfin les prestations. "Et avant même que le débat ait commencé, la ministre exclut la hausse des cotisations" et adopte ainsi "une position patronale."

"Nous sommes fidèles à la loi de 2012", a ajouté le député LSAP. Les hausses de cotisations qui y sont prévues en cas de déséquilibre, ne sont pas exclues. Il faut "toujours envisager les trois leviers ou se donner de nouvelles recettes."

"Je sens les aspirations à l’austérité du gouvernement et je tire la sonnette d’alarme. Je crains que nous ne créions ici un régime de retraites à deux classes." Le système des retraites repose sur la solidarité de tous les assurés. Le secteur privé n'offre pas les retraites complémentaires, même celles proposées dans les entreprises, "pour nous rendre service, mais pour réaliser du profit". Si l'Etat a de l'argent à investir, il doit le faire en priorité dans le premier pilier, celui du régime commun de retraites.

Martine Deprez "a un atout, elle vient de Dudelange, c'est une représentante classique de la Sécurité sociale et elle sait calculer", cependant, sa mission n'est pas à envier. Ses propositions sont encore vagues, mais entre les lignes, Mars Di Bartolomeo perçoit un danger pour le régime de retraites solidaire.

Dans le même temps, "le gouvernement aurait intérêt à sécuriser les retraites des fonctionnaires et agents de l'Etat et des communes", a tenu à conclure l'ex-ministre.

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