
Les agriculteurs ne sont évidemment pas d'accord avec cette analyse qui se base sur des études qui révèlent qu'une agriculture 100% biologique ne pourrait pas arrêter le changement climatique.
Selon le rapport de l'IPCC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), l'agriculture fait face à de nombreux nouveaux défis causés par la dégradation des sols, l'évolution des déserts et une météo de plus en plus extrême. Des facteurs qui pourraient mener à une pénurie de nourriture dans les prochaines années.
Pierre Tilkin de la Centrale paysanne luxembourgeoise tient à préciser certains aspects de l'analyse: "Si l'on prend en compte des années comme 2018 ou 2019, il est certain que certaines régions auront du mal à atteindre leurs récoltes normales. Le problème en Europe est différent: nous avons trop et nous jetons beaucoup de denrées alimentaires, un point également relevé dans le rapport."
Il n'est pas suffisant d'élaborer une agriculture durable et respectueuse de l'environnement pour freiner le réchauffement climatique. Les récents changements dans l'agriculture et dans la manière de se nourrir ont déjà rendu le changement climatique inévitable.
Pour l'UE, ce sont les gaz à effet de serre produits par l'homme qu'il faut réduire. L'agriculture ne compte que pour 7% du montant total. La première place est occupée par l'énergie produite par l'économie (38%) dont les différentes émissions ne sont pas connues. Le Luxembourg doit être considéré différemment de ses voisins européens à cause du tourisme à la pompe et de l'importation d'énergie. En revanche, les émissions dues à l'agriculture y sont relativement basses.
La part de l'UE dans le monde est de 9,9% des émissions à effet de serre. Une baisse au niveau européen ne pourrait donc pas vraiment sauver le climat mondial. Le fait de passer à une agriculture 100% écologique n'aurait pratiquement aucun impact sur le changement climatique.
Pierre Tilkin précise que "même si les vaches devenaient des "vaches bio" - des animaux qui ne sont plus nourris au soja mais avec des produits locaux issus de l'agriculture biologique - elles resteraient quand même des vaches et le pourcentage d'émissions de gaz à effet de serre issus de l'élevage resterait le même. Qu'une vache reçoive une alimentation bio ou non, une vache reste une vache."
Le représentant de la Centrale paysanne luxembourgeoise ne pense donc pas que l'agriculture écologique soit vraiment la solution au problème climatique.