
Chaque année, l'Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS) dévoile un bilan couvrant les principaux aspects de l'absentéisme pour cause de maladie, dont une vue globale de la problématique.
Le bilan de l’année 2020 montre que la crise sanitaire causée par la pandémie de COVID-19 a provoqué une augmentation inédite du taux d’absentéisme (nombre de jours d’absence rapporté au nombre de jours d’occupation) qui est passé de 3,88% en 2019 à 4,58% en 2020 (+17,8%).
L’ampleur de cette augmentation se retrouve aussi bien dans l’évolution du taux de courte durée (absences de moins de 21 jours) que dans celle du taux de longue durée.
"Il résulte clairement de ce bilan que la pandémie de COVID-19 est le facteur principal d’une hausse de 18% du taux d’absentéisme", a commenté le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider, en présentant les derniers chiffres de l'absentéisme des salariés pour l’année 2020 et les neuf premiers mois de l’année 2021.

Derrière cette augmentation de l’absentéisme se cachent cependant une multitude de facteurs qui rendent la lecture des données particulièrement complexe.
Parmi les principaux facteurs figurent ceux qui relèvent directement de la maladie induite par le coronavirus (mesures de quarantaine et d’isolement, symptômes de la maladie, gestes barrières, incertitudes sur l’évolution de la pandémie, etc.) ainsi que les mesures mises en œuvre par le gouvernement en vue de contrer la propagation du virus comme les mesures de chômage partiel, congé pour raisons familiales et la généralisation du télétravail.
Le bilan de l’IGSS met également en évidence le fait que l’augmentation du taux d’absentéisme constatée en 2020 résulte quasi exclusivement d’une hausse de la durée moyenne des épisodes d’absence (+28,9%) ce qui suggère que le rôle joué par les mesures de quarantaine et d’isolement, à travers les durées décrétées par les autorités de santé (jusqu’à 14 jours au début de la crise), a été majeur.
La baisse du nombre de personnes absentes (-7,9%) est, quant à elle, à mettre au crédit des mesures mises en œuvre par le gouvernement pour lutter contre la propagation du virus et à l’effet qu’ont pu avoir les gestes barrières (port du masque, distanciation physique et lavage régulier des mains) sur la progression des maladies infectieuses et parasitaires (grippes, gastro-entérites, etc.).
Enfin, le coût direct de l'absentéisme, à savoir le montant de la continuation de la rémunération en cas de maladie à charge des employeurs (13 premières semaines) ainsi que la somme des indemnités pécuniaires versées par la Caisse nationale de santé (CNS), passe de 775,3 millions d'euros en 2019 à 900,8 millions d'euros en 2020. Un chiffre en hausse de 16,2%, qui représente 3,1% de la rémunération totale des salariés.
En ce qui concerne l’année 2021, le taux d’absentéisme reste à un niveau élevé, mais toutefois bien en deçà des valeurs observées en mars-avril 2020.
Sur les neuf premiers mois de l’année, le taux d’absentéisme s’est établi en moyenne à 4,22%. Il affiche ainsi une baisse de 3,5% par rapport au taux observé au cours des neuf premiers mois de l’année 2020 (4,38%), mais reste supérieur de 10,4% à celui observé sur la même période en 2019 (3,82%).
Une analyse plus profonde sur les causes de cette augmentation aura lieu dans le bilan de l’année 2021.