
La situation a beaucoup évolué dans les hôpitaux luxembourgeois depuis le début de l'année. Il y a moins de patients en soins normaux et il n'y a quasiment plus de patients vulnérables à l'hôpital. En revanche le nombre de patients en soins intensifs est proportionnellement en hausse et la moyenne d'âge en baisse.
Les nouveaux variants du virus sont l'une des raisons de cette évolution, parce qu'ils provoquent aussi des formes plus graves chez de jeunes patients. Le traitement est le même, mais les patients ont un autre profil.
Le docteur Jean Reuter, médecin en soins intensifs au Centre hospitalier de Luxembourg, commente cette tendance: "C'est d'une part que nous avons une évolution plus rapide, c'est-à-dire, qu'ils arrivent plus rapidement en soins intensifs. Et le deuxième point, c'est qu'ils ont une forme encore plus longue [de la maladie]. C'était déjà ainsi lors de la deuxième vague, les gens étaient souvent hospitalisés pendant des semaines et c'est ce que nous voyons à nouveau. Ce qui signifie que ce sont plutôt des patients plus jeunes, qui n'ont pas nécessairement d'antécédents graves, qui ont une forme grave et longue de plusieurs semaines de la maladie."
La semaine dernière, la moyenne d'âge des patients Covid hospitalisés au Luxembourg est passée de 61 à 57 ans. Auparavant un quart des patients Covid passaient par les soins intensifs. Maintenant, c'est un tiers.
"C'est peut-être le paradoxe de toute la situation" évoque le docteur Jean Reuter. "C'est-à-dire que le nombre global de décès au Luxembourg est marqué par une tendance à la baisse, alors que les services de soins intensifs restent fortement surchargés. C'est principalement dû au fait que la population que nous avons à présent en soins intensifs, est une population plus jeune, qui a certes une forme très grave de la maladie, mais qui a souvent davantage de réserves que la population plus âgée. Et du fait que ces patients ont plus de réserves, il en va souvent ainsi, qu'ils doivent rester extrêmement longtemps en soins intensifs."
Il y a d'une part la moyenne d'âge des patients qui a baissé, car aujourd'hui il n'y a plus que quelques très rares personnes âgées qui sont hospitalisées, car elles sont vaccinées. Et d'autre part, il y a les nouveaux variants.
"Il y a surtout le variant anglais, mais nous avons aussi un pourcentage à deux chiffres du variant sud-africain, et ils sont connus pour provoquer une forme plus grave de la maladie, y compris chez une population plus jeune" explique Jean Reuter.
Le personnel chargé des hospitalisations Covid normales, peut maintenant souffler un peu, comme espéré. Contrairement à ceux des soins intensifs.
"Aux soins intensifs, c'est un peu différent, nous sommes sur un plateau élevé depuis des semaines et des semaines, avec plutôt une tendance à la hausse, avec une population de plus en plus jeune, ce qui est évidemment compliqué pour tout le personnel. Il s'identifie plus souvent aux patients plus jeunes, parce qu'ils ont le même âge et cela fait encore plus peur, parce qu'ils voient qu'ils n'ont pas nécessairement beaucoup d'antécédents médicaux."
Une petite note d'optimisme est toutefois perceptible: grâce à la campagne de vaccination, on pourrait voir dans quelques mois une lueur au bout du tunnel.
Le reportage en langue luxembourgeoise: