Jean Asselborn"La Russie a modifié les frontières en Europe par la violence"

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Mardi soir, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a réagi aux dernières évolutions de la crise ukrainienne dans le journal du soir de RTL Télé.

La Russie a donc à nouveau "modifié les frontières en Europe par la violence", a dit le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, un jour après que Vladimir Poutine ait reconnu l'indépendance des deux provinces séparatistes, Donetsk et Lougansk. Ce ne serait pas un hasard si la Syrie, le Nicaragua et le Venezuela les reconnaissent également. Le plus grave concerne les accords de Minsk, qui seraient désormais "caduques". "Un acte de piraterie sur la terre ferme", selon Jean Asselborn.

A l'Ouest, tout ce qui était possible, aurait été fait. Il a été proposé à Vladimir Poutine de l'écouter et de discuter avec lui au niveau diplomatique, mais "il a renversé la table avec le plateau" et Jean Asselborn ne voit pas comment avoir confiance en la diplomatie à l'avenir pour trouver une solution. "La Russie ne deviendra pas plus sûre, mais tout ce qui n'est pas la Russie deviendra beaucoup moins sûr".

Que Poutine dise que quatre millions de gens, les habitants des territoires séparatistes de l'est de l'Ukraine, risquent de subir un génocide, serait "fou". Cela n'aurait pas grand-chose à voir avec l'OTAN non plus, mais ce serait plutôt que Vladimir Poutine veut avoir entre l'Ouest et son pays une zone tampon, où il aurait la parole et une influence, poursuit Jean Asselborn.

A propos des sanctions actées par l'Union européenne à l'unanimité mardi après-midi, le ministre luxembourgeois a expliqué que maintenant un premier paquet de sanctions a été envoyé. Elles devraient être décidées officiellement au plus tard mercredi matin. Elles visent les personnes qui ont collaboré à l'organisation de tout cela, tant au plan politique qu'au plan militaire. Il y a deux banques concernées, l'économie des deux régions est visée.

Le problème est: que se passe-t-il maintenant? Ne rien faire n'est pas une solution. Le gros risque est que des missiles pourraient être reconstruits en Biélorussie, même avec des ogives nucléaires. "Il pourrait y avoir une spirale de réarmement et c'est un poison, un drame pour la coexistence européenne". Pour Jean Asselborn, il s'agit de la plus grande catastrophe à laquelle il ait dû assister en tant que ministre des Affaires étrangères, selon ses dires.

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