
Il y a eu deux incidents récemment, l'un le jour de la Fête nationale, quand un détenu en a attaqué trois autres, et un autre la semaine dernière, lorsqu'un mineur, transféré de l'unité de sécurité de Dreiborn à Schrassig, a agressé et blessé six gardiens. La prison est surpeuplée à l'extrême, explique Samir Djennas, le président de l'Association des agents pénitentiaires (AAP). En plus, il y fait extrêmement chaud. Tout cela provoquerait beaucoup de tensions, les détenus deviendraient nerveux et cela conduirait automatiquement à plus d'altercations.
Le principal problème serait cependant le manque chronique de personnel.
"Personne n'y peut rien au final. Nous avons une prison qui doit ouvrir à Sanem. Celle-ci doit aussi disposer d'un certain nombre d'agents pour que cela fonctionne, pour mettre tout en place, pour la tester et pour coordonner les emplois du temps. Au niveau des agents, nous avons perdu en effectif à Schrassig et le recrutement pour la prison de Sanem est toujours en cours. Cela signifie qu'il manque simplement du personnel et nous avons un nombre élevé de détenus. L'encadrement n'est pas satisfaisant et la sécurité en pâtit parfois."
Environ 290 agents travaillent actuellement au centre pénitentiaire. Samir Djennas estime qu'il en faudrait au moins une vingtaine en plus.
L'AAP souhaiterait en outre davantage d'expérience pratique pour les jeunes stagiaires, afin qu'ils sachent quoi faire dans les cas sérieux.
"Nous avons beaucoup de cours théoriques. Nous apprenons par exemple, comment une drogue affecte la santé psychique du consommateur. En plus, il y a par exemple des cours sur les droits de l'homme. Bien sûr, c'est également important, mais pour la nouvelle recrue, la pratique réelle est trop brève. Qu'est-ce que je fais quand il y a le feu dans une cellule? Quand est-ce que je rentre là-dedans sans me mettre moi-même en danger? Comment est-ce que je réagis quand quelqu'un vient vers moi avec un couteau? D'un autre côté, notre réaction doit aussi toujours être adaptée à la situation. Quand quelqu'un vient sur nous avec ses poings nus, nous ne pouvons pas frapper avec une matraque. Nous n'en avons pas actuellement, mais c'est un exemple. Il doit y avoir proportionnalité dans la légitime défense. “
Samir Djennas ajoute qu'en raison du manque de personnel, un certain nombre de jeunes agents devront éventuellement aller sur le terrain plus tôt que prévu. Mais avec la direction et les chefs du personnel, ils essayeront de les accompagner au mieux.
Le reportage de RTL (en luxembourgeois):