
D'une part, pendant le confinement, la presse a été plus consultée que jamais, mais d'autre part, de plus en plus de voix s'élèvent pour dire qu'elles ne font plus confiance aux médias.
Maxime Gillen a discuté de cette problématique avec le président du Conseil de presse luxembourgeois, Jean-Lou Siweck. Ce dernier est également directeur général d'Editpress et rédacteur en chef du Tageblatt.
Durant le confinement, les médias ont été quasiment exclusivement dépendants des informations du gouvernement. Il ne s'agissait évidemment pas d'une situation idéale, selon le rédacteur en chef du Tageblatt, mais c'était inévitable et cela n'a pas signifié non plus que les médias avaient perdu leur distance critique.
Il y a cependant beaucoup de gens, qui, sur les questions fondamentales, n'ont ni la patience ni la tolérance pour accepter que les découvertes scientifiques puissent constamment changer.
„Il n'est pas remarquable qu'aujourd'hui encore, nous n'en sachions pas beaucoup sur ce virus, mais bien que des positions étaient différentes au départ et ont évolué entretemps. Pour se confronter à cela, pour accepter cela, qu'il y avait un état des connaissances il y a quelques mois, quand certaines choses ont été décidées, et que cet état des connaissances évolue, devient plus précis; peut-être même que des choses qu'on a dites au début, ne sont plus correctes. On constate qu'il est relativement difficile pour beaucoup de gens d'accepter cela.“
Il faut ajouter qu'entretemps, ils ont été nombreux à ne plus avoir envie de se confronter aux réalités rapportées par la presse et de s'informer.
„Le phénomène de lassitude par rapport à la presse, que nous connaissons, a aussi à voir de manière très banale avec le fait que cette confrontation avec des mauvaises nouvelles, épuise la plupart des gens"
Jean-Lou Siweck rejette la critique selon laquelle les médias écrivent la même chose sur certains points. Pour lui, il faut après tout considérer positivement que si on s'accorde sur ces points, c'est qu'ils sont vraiment exacts.
„Si nous n'avons pas une base commune de choses que nous acceptons comme vraies. Et si tout devient négociable, si tout est relatif, ce n'est pas le signe que nous avons un paysage médiatique sain, mais c'est le signe que nous avons une société très malsaine.“
Selon Jean-Lou Siweck, la crise a seulement renforcé des phénomènes existants.