
Invitée ce samedi de l'émission "Background am Gespréich" sur RTL Radio, la ministre de la Justice Elisabeth Margue a dressé un bilan de ses deux ans et demi à la tête du ministère. Sa priorité, a-t-elle rappelé, reste de permettre à la justice de "fonctionner efficacement".
Selon la ministre, plusieurs avancées ont déjà été réalisées, notamment en matière de numérisation, d'accélération des procédures judiciaires et de renforcement des effectifs. Elle souligne que près de 100 nouveaux postes de magistrats ont été créés au cours des trois dernières années, soit une augmentation d'environ 30 %.
Parmi les grands chantiers figure la réforme du droit pénal des mineurs, qui vise à distinguer plus clairement la protection de la jeunesse de la justice pénale des mineurs. Le gouvernement souhaite privilégier la réinsertion et les mesures alternatives avant le recours à une peine d'emprisonnement.
Malgré les critiques de plusieurs organisations de défense des droits de l'enfant, l'exécutif entend maintenir l'âge minimum de responsabilité pénale à 13 ans. Elisabeth Margue a indiqué attendre depuis près d'un an l'avis du Conseil d'État sur ce projet de loi.
La ministre s'est également dite favorable à une interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, tout en estimant qu'une telle mesure devrait être décidée à l'échelle européenne.
Selon elle, le problème ne réside pas uniquement dans les contenus publiés, mais aussi dans le fonctionnement des plateformes, conçues pour capter l'attention des utilisateurs le plus longtemps possible. Elle plaide également pour des contrôles d'âge plus stricts, des plateformes plus sûres et un renforcement de l'éducation aux médias.
Interrogée sur la sécurité dans le quartier de la gare de Luxembourg, Elisabeth Margue a rejeté les critiques selon lesquelles la justice manquerait de fermeté face au trafic de stupéfiants et à la délinquance.
Elle a rappelé plusieurs mesures décidées dans le cadre du plan national de lutte contre la drogue, notamment de nouveaux outils d'enquête pour la police, un renforcement des moyens du parquet et la création d'une procédure de comparution accélérée.
Cette dernière permettrait de traduire devant un tribunal, dans un délai de huit jours à un mois, les personnes interpellées en flagrant délit pour certaines infractions, comme le trafic de drogue, le vol ou les violences domestiques, tout en garantissant les droits de la défense.
Enfin, la ministre a confirmé que le gouvernement poursuivait ses travaux en vue d'une égalité de traitement en matière de filiation pour les familles LGBTQIA+.
Certaines réformes, comme la reconnaissance des deux mères dès la naissance de l'enfant, restent toutefois suspendues à l'avis de la commission d'éthique. Elisabeth Margue a néanmoins assuré que les mesures ne dépendant pas de la future loi sur la bioéthique seraient présentées dès que possible.