
Michel Polfer, le directeur du Musée National d'Histoire et d'Art, explique que cette nouvelle loi sur la Protection du patrimoine culturel représente un progrès de nombreux niveaux.
Avec une garantie d’État, une garantie de non saisie et un fonds pour le Patrimoine, cette loi présente plusieurs éléments très importants pour les travaux pratiques des musées. En outre, des règles très claires sont élaborées pour l'import et l'export de biens culturels.
Le déplacement de la "Gëlle Fra", comme cela a été le cas en 2010 pour l'exposition universelle à Shanghai, ne serait par exemple plus possible. Selon cette nouvelle loi, la statue devrait appartenir au trésor national. Une commission spéciale décidera, selon des critères très stricts, si un bien peut être exporté ou non.
Cette reconnaissance spéciale, qui consacre le patrimoine luxembourgeois important, sert à protéger des biens extrêmement rares. Un autre exemple se trouve au musée, il s'agit de la première voiture à avoir roulé au Luxembourg, une Benz. La liste, relativement limitée à l'état actuel des choses, devrait progressivement s'allonger grâce à cette loi. Il n'y pas que les instances étatiques ou la Commission qui s'occupent d'elle puisque des associations pourront également proposer objets ou biens.
Pour le musées, cette nouvelle loi présente également un avantage clair, la garantie de non saisie. Une garantie qui oblige un pays emprunteur à rendre un objet issu d'une collection publique. Ces biens ne peuvent donc pas être saisis.
Beaucoup de pays demandent l'acceptation de cette garantie, au risque de se voir refuser le prêt d'un bien.
Le fonds pour le Patrimoine peut servir à acquérir des biens culturels protégés et confère à l’État une place prioritaire dans les ventes aux enchères.