
Cette flambée des prix est une conséquence de l'invasion russe en Ukraine, une guerre dont la fin n'est pas en vue.
Faut-il s'attendre à ce que cette escalade des prix se poursuive? Pourquoi les marchés sont-ils si nerveux? Qu'est-ce qui pourrait les apaiser? Dany Rasqué, journaliste à RTL, a tenté d'obtenir des réponses à ces questions.
Le marché mondial est sous pression extrême depuis la crise du Covid, explique Jean-Marc Zahlen. Il est le secrétaire général du Groupement Pétrolier. L'attaque de la Russie sur l'Ukraine a aggravé la situation et il est difficile d'estimer actuellement comment elle va évoluer, même pour les experts. Jean-Marc Zahlen: "La pression est là, nous ne savons pas vers quoi nous allons et en raison des incertitudes que la crise en Ukraine apporte, il n'est pas encore possible de se prononcer sur où cela va s'arrêter."
Des propos qui ne suscitent pas l'optimisme. Les prix peuvent continuer à grimper. S'ils vont poursuivre leur escalade et dans quelle mesure, dépend pour une grande part des décisions que vont prendre les Chefs d'Etat et de gouvernement européens. Ils se réunissent jeudi et vendredi à Versailles. Le ministre de l'Energie, Claude Turmes: "Il y a des voix qui disent que nous devrions résilier tous nos contrats gaziers et pétroliers avec la Russie, si cela se produisait, je pense que les prix augmenteraient encore extrêmement fort et c'est pourquoi la position de la plupart des gouvernements européens est probablement de se détacher de la Russie, mais seulement pour l'hiver prochain. Cela n'a aucun sens que nous décidions maintenant de mesures par lesquelles nous subirions simplement une pression extrême sur les prix."
Ce qui aurait le plus grand impact positif sur les prix, ce serait une augmentation de la production globale. Il s'agit d'une décision que pourrait notamment prendre l'OPEC, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, comme le dit Jean-Marc Zahlen: "Là, les pays de l'OPEC sont aux commandes. Mais l'Amérique peut évidemment aussi faire quelque-chose. C'est-à-dire que si nous faisons augmenter la production au niveau mondial, cela aura un effet important."
Ce n'est toutefois pas dans l'intérêt de chacun. A l'heure actuelle, on ne peut pas trop espérer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole: "En ce moment, les pays de l'OPEC jettent de l'huile sur le feu. Ils se sont réunis la semaine dernière. Parmi ces pays, il y a l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et aussi la Russie, et ils ont décidé qu'ils n'apporteront plus aucune goutte sur le marché mondial et bien sûr, ils profitent maintenant effrontément de la situation dans laquelle nous nous trouvons."
Le prix que le consommateur paie pour un litre de carburant n'est pas seulement le prix du pétrole. Il faut y ajouter des accises, la TVA et la taxe CO2. A la question de savoir s'il pouvait envisager de les baisser, le ministre de l'Energie ne répond pas clairement OUI. Claude Turmes rappelle d'abord le paquet de 75 millions d'euros déjà décidé: "Nous sommes en train d'examiner avec le Statec la combinaison de la tranche d'indexation, qui tombera déjà en avril, et des mesures prises au niveau de l'allocation de vie chère, nous examinons maintenant avec le Statec l'impact que cela aura sur les différentes composantes de la société luxembourgeoise, et ensuite il faudra voir où nous en sommes et, le cas échéant, approfondir la discussion."
Réduire les taxes n'aurait également qu'un impact limité, selon le secrétaire général du Groupement Pétrolier, qui explique que le cadre européen prescrit un minimum de taxes sur les produits pétroliers. Pour Jean-Marc Zahlen, il vaudrait mieux trouver une réponse globale à cette crise mondiale.