Les actes "non urgents"La fièvre monte chez certains médecins au Luxembourg

Romain Van Dyck
Depuis plus d'un mois, la médecine est limitée aux actes "urgents" au Luxembourg. Mais la grogne monte chez l'association des médecins et médecins dentistes, qui aimerait une reprise progressive des autres actes médicaux.
Depuis plusieurs semaines, les actes
Depuis plusieurs semaines, les actes
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"Cela fait un mois que j’ai le dosbloqué, et que je ne peux pas aller voir de kiné ou d’ostéo.  Heureusement, j’ai l’habitude et je me dis qu'il y a pire que moi, mais ça commence à faire long", nous confie une patiente d’un cabinet de Schifflange.

Pareil pour le vétérinaire, ajoute-elle : "Mon chien devait se faire vacciner, le vétérinaire vient de m’expliquer que ce n’était pas possible, ce n’est pas un acte urgent".

Depuis plus d'un mois en effet, tous les actes médicaux "non urgents" sont interdits au Luxembourg. Comme tant d'autres pays, le Luxembourg a pris cette décision  afin de juguler l'épidémie de Covid-19. Mais mis bout à bout, ces actes médicaux manqués commencent à peser lourd, prévient l'Association des Médecins et Médecins Dentistes. Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la santé le 14 avril dernier, l'AMMD plaide pour une "Repriseprogressive des activités médicales et médico-dentaires".

L'ÉTAT SANITAIRE DU PAYS SE DÉGRADE

"Les patients atteints de toutes les autres pathologies du spectre Non-Covid se retrouvent, depuis l’irruption de la pandémie, marginalisés. Ni leurs médecins de confiance, le plus souvent généralistes, ni leurs médecins-spécialistes et médecins-dentistes, dans l’ensemble affectés par la lutte contre le Covid-19, ne peuvent actuellement être à leur disposition de manière régulière et usuelle" écrit l'AMMD.

Ainsi, c'est l'état sanitaire global du pays qui se dégrade, prévient l'association: "Nous sommes en train de dévier vers une prise en charge déficiente de la population générale en matière de soins de santé, qui entraînera pour beaucoup des conséquences souvent lourdes et parfois durables."

L'AMMD cite en exemple les multiples dépistages de cancers en attente, les infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux diagnostiqués avec retard, les diabètes déséquilibrés non reconnus, les maladies psychiatriques mal suivies, et "tellement d’autres maladies chroniques"...

LA GROGNE MONTE

Le ton est monté cette semaine suite à une lettre signée par le Directeur de la santé, le Dr. Jean-Claude Schmit, dans laquelle il déplore que "certains cabinets médicaux et médico-dentaires ont reprisdesactivitésde routine en rapport avec des problèmes de santé qui sans aucun doute ne sont ni "urgents", ni "sévères"." Ce qui, rappelle le Dr Schmit, est contraire au règlement Grand-Ducal  introduit le 18 mars 2020 dernier, et qui prohibe ces activités de routine.

Un rappel à l'ordre qui est visiblement mal passé, si l'on en croit une communication de l'AMMD adressée au "corps médical et médico-dentaire". Le courrier du Dr Schmit, "de par la forme, le ton et le contenu, est inadmissible dans une phase où tous les efforts doivent viser à rétablir une prise en charge médicale et médico-dentaire digne de ce nom afin de pouvoir soigner tout le spectre des pathologies en dehors du Covid-19."

"D'autant  plus que nos demandes sont appuyées par nombre d'associations de patients, d'innombrables articles dans la presse internationale et surtout par les demandes quotidiennes de nos patients" ajoute l'AMMD, qui a réclamé "une entrevue urgente avec la Ministre de la Santé pour discuter de l'issue de cette situation, qui ne pourra rester sans conséquences". À suivre donc.

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