
Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a une nouvelle fois critiqué cet état de fait mardi, lors d'une vidéoconférence avec ses homologues des pays germanophones (Allemagne, Autriche, Suisse et Liechtenstein).
Il a redit à cette occasion au ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, que le virus se transmet d'homme à homme et non d'Etat à Etat. La fermeture des frontières n'aurait toujours aucune raison d'être.
Jean Asselborn: "Je lui ai également dit que 25 ans après l'entrée en vigueur du traité de Schengen, ce n'était pas vraiment une belle et une bonne image que la police allemande stationne précisément sur le pont de Schengen. Je lui ai aussi dit que cela ne pouvait pas durer trop longtemps, sinon les gens risquent de perdre le sens de l'Europe et le sens de Schengen. De ne plus y croire et ce serait dommage."
Mardi, Jean Asselborn a également insisté auprès de ses homologues des pays germanophones pour que les étudiants luxembourgeois puissent regagner leur université sans trop de difficultés.
"De très nombreux étudiants sont rentrés parce que les universités étaient fermées. En Allemagne, en Autriche et en Suisse, ces pays qui étaient représentés à la vidéoconférence. J'ai prié le ministre allemand des Affaires étrangères de transmettre le message à Berlin, que si les étudiants retournent à présent en Allemagne, mais aussi en Autriche ou en Suisse, qu'ils ne soient pas stoppés à la frontière. Que s'ils montrent leur carte d'étudiant et prouvent qu'ils sont à l'université dans ces trois pays, qu'ils puissent passer."
Mardi, le Luxembourg a aussi remercié l'Allemagne pour toute l'aide que le Grand-Duché a reçue de Berlin pour rapatrier pendant la crise, des Luxembourgeois qui étaient à l'étranger.
Autre sujet abordé lors de la conférence: les migrations. Après que le Luxembourg et l'Allemagne aient accueilli des enfants jusque-là hébergés dans des camps de réfugiés sur des îles grecques, la Suisse a annoncé qu'elle allait aussi aider. C'est remarquable, selon Jean Asselborn.
"Sur la question migratoire, la Suisse a plus aidé l'Union européenne que certains Etats européens. Même des pays qui étaient assis autour de la table et où on parle allemand. Mon collègue autrichien a dit qu'il ne trouvait pas politiquement correct que cela soit fait. Ils seraient plutôt pour envoyer des conteneurs en Grèce. Je me suis alors permis de dire que si le message est "nous vous envoyons maintenant des conteneurs", cela signifie "restez là où vous êtes et nous allons veiller à ce qu'on s'occupe bien de vous là-bas". Ce n'est pas, je pense, le message, que les Grecs attendent et ce n'est absolument pas non plus le message qu'il faut donner à ces gens, qui ont enduré beaucoup de choses et ont droit à une vie digne, pour les aider."
Heiko Maas a également informé ses homologues de l'avancement des travaux préparatoires pour la présidence de l'Union européenne. Le 1er juillet, la Croatie transmettra la présidence de l'Union à Berlin.