
"La Croix Rouge a reçu 80 % de dons en moins cet été", a expliqué le directeur général de la Croix-Rouge luxembourgeoise mercredi sur RTL. L'affaire Caritas a "porté préjudice à l'ensemble du secteur." Il comprend toutefois que "les gens hésitent" à faire des dons. Ils sont déconcertés et n'ont plus confiance. Et cela, notamment parce qu'on ne sait toujours pas exactement ce qui s’est passé chez Caritas.
"Il faut cependant continuer à soutenir ceux qui ont besoin d'aide."La Croix-Rouge est tributaire de toute urgence des dons et a besoin de 3 à 5 millions d'euros pour financer plusieurs activités. Il est vrai que de nombreux services sont subventionnés par l'Etat ou financés par la Caisse nationale de Santé. Mais "pour le seul don du sang", par exemple, "la Croix-Rouge devra contribuer cette année à hauteur de 2 millions d'euros, qui ne seront pas financés par l'État."
A la Croix-Rouge, les règles de contrôle des finances sont encore plus strictes que ne l'exige la loi. Il s'agit d'une grande structure de plus ou moins 3.300 salariés et qui a de très grandes responsabilités. "Faire le bien et bien le faire", telle est la devise, selon Michel Simonis. "Seul l'argent dû est payé." Six à sept personnes contrôlent si l'argent dépensé est bien dû.
D'autres ONG ne devraient pas reculer non plus devant des normes très élevées, estime le directeur général de la Croix-Rouge. L'État contrôle très "rigoureusement" certaines factures dans les conventions, mais il a également une obligation de surveillance. Là il pourrait peut-être faire davantage, selon Michel Simonis. "L'Etat pourrait davantage vérifier la capacité de ces organisations et de leur gouvernance à pouvoir supporter leurs tâches."
Dans l'affaire Caritas, ce qui a "frappé très fort" Michael Simonis, "presque au même titre que la somme impossible de 61 millions d'euros", "c'est qu'il n'est plus rien resté de Caritas, lorsqu'il n'y a plus eu d'argent." Il était "convaincu qu'il y avait une forte base, que notamment l'Eglise catholique soutenait l'organisation." Il a été "très étonné" qu'il n'y ait pas eu de volonté de maintenir l'organisation en vie, que l'argent nécessaire ait été disponible ou pas, a indiqué le directeur de la Croix-Rouge.