
La famille Gobillot se souviendra en tout cas encore longtemps de ces quelques semaines qui devaient être tout sauf stressantes: de Buenos Aires jusqu'à Ushuaïa en Argentine avant de partir à la découverte de l’antarctique au mois de novembre.
C'est dans la capitale argentine que les problèmes ont commencé à s'abattre sur eux, avant même que le bateau n'accoste. Une connaissance du couple vient d'être testée positive au Covid-19 au terminal. Il indique le couple du Luxembourg comme personnes avec lesquelles il était en contact dans sa déclaration, mais Francis Gobillot précise sans se fâcher: "oui nous l'avons fréquenté mais nous n'étions sûrement pas les seuls".

Ils ont donc dû se placer en quarantaine, tout d'abord ensemble dans une cabine du navire, et le lendemain de manière séparée, chacun de son côté, sans aucune possibilité d'effectuer un test PCR ou de quitter le bateau sans faire le voyage, le tour-opérateur ne leur a jamais proposé ces options. Malgré un booster et un test PCR négatif avant leur arrivée en Argentine, ils se retrouvent coincés 24h sur 24 dans deux cabines, sans fenêtre, sans pouvoir sortir, même la nuit. Une expérience traumatisante pour la femme de Francis Gobillot qui n'arrive pas à oublier ces journées interminables.
Chaque jour, un test antigénique doit être réalisé. Après dix jours, celui de Francis est positif, et le reste pendant 3 à 4 jours. Alors qu'il n'a vu personne depuis dix jours. Les résultats de sa femme étaient tous négatifs. Après 16 jours d'isolement, elle a donc pu quitter sa cabine et participer à trois petites excursions avec d'autres passagers. Francis, lui, n'a pu sortir de sa cabine qu'à la fin de la croisière, un peu d'air frais après un enfermement de 20 jours.
Chose inexplicable: il n'a pas vu l'ombre d'un test PCR durant tout le séjour en Argentine et il ne sait même pas s'il a réellement attrapé le Covid. Son test antigénique positif est peut-être dû au léger rhume qu'il a probablement attrapé à cause de la climatisation dans la cabine. Rien n'est vraiment sûr.
Que des mesures strictes soient prises pour endiguer la propagation du virus, ils le comprennent mais ils n'acceptent pas d'être laissés tous les deux dans le flou, sans informations concrètes et face au manque total d'empathie de la part des personnes qui les ont pris en charge. Aucune réponse non plus du tour-opérateur, ce qui ne facilite pas le retour au Luxembourg qui devait être rempli de bons souvenirs et surtout de force pour reprendre la vie après des problèmes de santé dans la famille. Les petites espaces les rendent très mal à l'aise et la voiture n'est utilisée que pour des petits trajets.
Retenteront-ils l'expérience d'une croisière dans l'antarctique? Francis est plus motivé que sa femme qui fait non de la tête. Le couple ne devrait pas remonter sur un paquebot de sitôt.