Fondation IDEALa crise du logement serait une constante dans l'histoire luxembourgeoise

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Le Luxembourg aurait toujours connu une crise du logement. La crise prendrait simplement des formes différentes en fonction du contexte historique.
© Sabrina Backes / RTL

Telle est la thèse défendue par la Fondation IDEA dans son dernier document de travail, basée sur l'analyse de données portant sur les années 1898 à 2020. Dans la deuxième partie de son rapport, la Fondation fait notamment des recommandations pour une politique luxembourgeoise du logement de dernière génération.

La crise du logement apparaîtrait comme une constante dans l'histoire du Luxembourg. Le pays aurait toujours été confronté à des pénuries. Aujourd'hui encore, la situation serait compliquée sur le marché du logement, explique  Michel-Edouard Ruben de la Fondation IDEA:

"On parle encore toujours d’une crise de logement, qui est une crise qui est symbolisée dans les discours d’un côté par les prix, par la dynamique des prix. Et d’autre part, cette notion de pénurie, donc le fait qu’on ne construit pas assez. Année après année, on voit une situation, où il y a beaucoup plus de nouveaux ménages qui sont formés que de nouveau logements."

Il manquerait actuellement 30.000 logements, selon IDEA. Pour tenter de pouvoir maîtriser cette situation, la Fondation a dressé une liste de recommandations.

L'une d'entre elles se rapporte aux locataires qui sont dans une situation financière difficile. Un tiers des locataires consacreraient plus de 40% de leurs revenus au paiement de leur loyer. Une situation précaire face à laquelle la Fondation IDEA demande des mesures concrètes:

"Prioritairement c’est augmenter le nombre de locataires qui touchent vraiment la subvention de loyer qui existe dans le pays. D’après le calcul, ce sont 30.000 locataires qui sont éligibles à cette aide et grosso modo seulement 6.500 qui la touchent."

IDEA réclame en outre que l'application de la loi régissant la location soit plus précisément contrôlée, particulièrement le point qui dit que le loyer doit être fonction du capital investi. Ce n'est qu'ainsi qu'il pourrait être garanti que les locataires ne doivent pas payer chaque mois un montant au-delà de leurs moyens.

Une autre recommandation se réfère aux entreprises, qui devraient jouer un rôle plus important. Ce fut le cas dans le passé, par exemple quand l'Arbed mettait un logement à la disposition de certains de ses salariés. Ce serait encore possible aujourd'hui, selon Michel-Edouard Ruben:

"Le Luxembourg, les entreprises et les particuliers du Luxembourg peuvent avoir une politique d’investissement au logement dans la Grande-Région. Il y a des agriculteurs qui achètent des terrains de l’autre côté. Et là, je me dis, dans un pays où on voit les projections démographiques qui sont faites, le nombre de frontaliers qui sont amenés à continuer à venir travailler au Luxembourg, posséderquelques logements dans la Grande Région me semble être quelque chose d’utile et de nécessaire."

La Fondation IDEA approuve la démarche du gouvernement, qui souhaite que davantage de personnes accèdent à la propriété de leur logement. Le taux de propriétaires, autour de 60%, reste à un niveau stable depuis des années, malgré l'explosion des prix de l'immobilier.

© Sabrina Backes / RTL

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