
Si vous tardez à obtenir le remboursement de vos factures de médecin, vous devez relancer la CNS. “Nous prenons cela très au sérieux et essayons de considérer au mieux les assurés afin de pouvoir les rembourser rapidement,” a expliqué vendredi le président de la CNS sur RTL.
Christian Oberlé n’a pas minimisé le problème: “La CNS n’est certainement pas ravie des retards”. À court terme, la Caisse nationale de Santé a cherché des solutions techniques en interne, par exemple en scannant les documents. Les équipes ont été renforcées. “Mais nous sommes toujours rattrapé par le problème”, selon Christian Oberlé.
Si les retards ont diminué au fil des années, le volume de dossiers augmente toujours l’hiver et cette année, le paiement immédiat direct (le PID) a bouleversé les plans de la CNS: ce tiers payant luxembourgeois ne s’installe pas aussi vite que ce qui était espéré.
Depuis que le système est devenu opérationnel en octobre, 100 médecins l’ont rejoint, alors que le Luxembourg compte plus de 5.000 médecins. La CNS a modernisé et numérisé son système. C’est à présent aux docteurs de sauter le pas. Christian Oberlé est convaincu qu’à un moment donné, tous les médecins seront dotés du PID. Le feedback est effectivement “vraiment bon”.
À partir du 2 mai, la Caisse nationale de Santé recevra les assurés dans ses agences uniquement sur rendez-vous. il s’agit d’une mesure importante, selon Christian Oberlé. La fréquentation des agences a augmenté de 50% par rapport aux années précédentes, ce qui a conduit à des files et des longs délais d’attente. Comme pour le contrôle technique des véhicules, un projet pilote a été testé à Dudelange avec un système de rendez-vous. Et il a prouvé son efficacité: certains jours, 30 assurés supplémentaires ont pu être reçus.

Au cours de l’interview, il a aussi été question de la nomenclature, c’est-à-dire la tarification des actes médicaux, de la consultation au traitement en passant par l’intervention spécifique. La nomenclature est souvent critiquée parce qu’elle désavantage certaines professions médicales. Christian Oberlé est conscient du problème: “La nomenclature rétribue le volume, pas la qualité.”
Le président de la CNS a cependant affirmé que ces dernières années, la nomenclature a été modernisée à 75% et que l’on continuera à le faire. Mais il ne s’agit que de bricolage et en raison des progrès de la médecine, la CNS sera toujours en retard. Christian Oberlé a énuméré un certain nombre de systèmes à l’étranger, mais tout en mettant en garde: “Apporter des modifications au système est... difficile”. Compte tenu du vieillissement des médecins et de la société dans son ensemble, il convient toutefois qu’il faut poser les jalons dès maintenant.
Afin de mettre réellement la qualité en avant, mais aussi pour une plus grande équité des revenus entre les médecins, il faudrait, selon lui, passer à un concept qui promeut la santé au lieu d’une rémunération de l’acte, comme c’est le cas actuellement. Bien sûr, tout cela est plus complexe et doit être discuté avec les acteurs de terrain, car “ils savent comment ça se passe”.