Manque de fourrageJusqu’à 25% d’animaux en plus envoyés à l’abattoir au Luxembourg

Maxime Gillen
adapté pour RTL Infos
La sécheresse de cet été continue de peser lourdement sur l’agriculture luxembourgeoise. Les récoltes ont été tellement faibles que, dès le début de l’automne, une grande partie des réserves de fourrage prévues pour l’hiver a déjà été consommée. Les exploitations se retrouvent donc avec des stocks nettement insuffisants pour tenir jusqu’au printemps.
© Jeannot Ries/RTL

À cela s’ajoute une flambée des prix du fourrage acheté à l’extérieur. Le président de la Chambre d’agriculture, Christian Hahn, explique que de nombreux agriculteurs n’ont pas d’autre choix que de se fournir sur le marché, malgré des tarifs qui ont fortement augmenté. Le maïs, par exemple, approche du double du prix de l’an dernier. "L'achat est très cher", résume‑t‑il, en précisant que les exploitations qui disposaient déjà de stocks réduits sont les plus touchées.

Ce manque de fourrage a des conséquences directes sur le cheptel. Comme chaque automne, les agriculteurs procèdent à davantage d’abattages pour réduire le nombre d’animaux à rentrer dans les étables. Mais cette année, le phénomène est nettement amplifié : selon les retours des commerçants, les volumes seraient en hausse de 20 à 25%. Une réduction du cheptel qui s’explique clairement par la pénurie de fourrage et la nécessité de préserver les ressources restantes.

À court terme, les exploitations tentent de s’adapter en mélangeant davantage de paille au fourrage pour prolonger l’utilisation de la base de l'alimentation du bétail. Une solution temporaire, qui ne résout pas le problème de fond.

Réserves d'eau en attente

Cette situation relance un débat ancien : celui de la création de grandes réserves d’eau pour sécuriser la production agricole. Le Luxembourg a enregistré plus d’un tiers de précipitations en moins par rapport à la moyenne de longue durée, et les épisodes de sécheresse se multiplient. Christian Hahn rappelle que des projets pilotes avaient été évoqués il y a plus de six ans pour stocker de l’eau à grande échelle, notamment pour les cultures de légumes et de fruits, mais aussi pour d’autres usages.

Il cite l’exemple des incendies majeurs survenus récemment dans les Hautes Fagnes ou en Allemagne : disposer de réserves d’eau accessibles serait un atout pour la lutte contre les feux de forêt. Les niveaux très bas des rivières et des ruisseaux cette année montrent également l’intérêt d’un écoulement contrôlé pour soutenir les cours d’eau. "Globalement, ce serait une situation bénéfique pour plusieurs secteurs", estime‑t‑il.

Mais ces projets restent bloqués. Selon Christian Hahn, trois à quatre dossiers dorment depuis six ou sept ans dans les ministères, sans avancée. Il pointe particulièrement le ministère de l’Environnement, accusé de freiner la mise en place de ces réservoirs.

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